Un délit d'initiés géant révélé aux Etats-Unis

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Un courtier de 45 ans a plaidé coupable dans une affaire de délit d'initiés portant sur des profits de 32 millions de dollars, une des plus importantes jamais mise au jour selon la presse américaine, a indiqué lundi le ministre de la Justice du New Jersey (est).

Kenneth Robinson, 45 ans et originaire de Long Beach dans l'Etat de New York, a plaidé coupable d'association de malfaiteurs en vue de commettre une fraude boursière, et de deux chefs d'accusation de fraude boursière, selon un communiqué de ministre de la Justice de l'Etat du New Jersey Paul Fishman. Trois hommes sont mis en cause dans cette affaire, qui s'étale de 1994 à 2011, période au cours de laquelle ils ont investi plus de 109 millions de dollars pour environ 32 millions de dollars de bénéfices illégaux.

Argent en liquide

L'agence de régulation des marchés financiers, la SEC, avait annoncé la semaine dernière qu'elle poursuivait de son côté les deux complices présumés du courtier, Garrett Bauer et Matthew Kluger, sans identifier M. Robinson. M. Kluger, avocat dans des cabinets spécialisés dans les fusions et acquisitions, est accusé d'avoir volé des documents portant sur des transactions sur lesquelles ces cabinets travaillaient, et de les avoir transmis à M. Robinson. Kenneth Robinson a reconnu qu'une fois en possession de ces informations, il les transmettait habituellement à M. Bauer, un courtier professionnel. Celui-ci achetait les actions concernées et les revendait une fois l'opération annoncée, quand les cours augmentaient.

M. Bauer donnait ensuite leur part des bénéfices en liquide à ses deux complices, argent retiré en plusieurs fois dans des distributeurs automatiques. M. Robinson a reconnu avoir personnellement effectué les transactions dans au moins deux opérations: le rachat de 3Com par Hewlett-Packard, annoncé le 11 novembre 2009, et le rachat de McAfee par Intel, le 19 août 2010, précise le communiqué du département de la Justice. Selon lui, les trois complices sont intervenus entre 1994 et 2011 sur une quinzaine d'opérations différentes. Pour l'accusation de complot, M. Robinson risque jusqu'à 5 ans de prison et 250.000 dollars d'amende, ou deux fois les pertes additionnées des victimes ou gains des accusés. Les accusations de fraude boursière sont punies chacune par 20 ans de prison maximum et 5 millions de dollars d'amende. Le jugement est prévu le 26 juillet.