Espionnage chez Renault: L'heure du bilan a sonné pour les dirigeants après un rapport d'audit «accablant»

RENAULT Un conseil d'administration extraordinaire va étudier le rapport d'audit et pourrait enregistrer plusieurs licenciements...

Thibaut Schepman

— 

Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011.
Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011. — DURAND FLORENCE/SIPA

Le conseil d'administration extraordinaire de Renault qui se réunit lundi après-midi, examinera une partie du rapport d'audit sur la fausse affaire d'espionnage et déterminera les responsabilités en cause. Le Journal du Dimanche indiquait la veille que Patrick Pélata, directeur général délégué du groupe, Christian Husson, directeur juridique, Jean-Yves Coudriou, DRH des cadres dirigeants, et Rémi Pagnie, directeur de la sécurité, pourraient présenter leur démission.

Selon Les Echos de lundi, le rapport d'audit mettra au jour un certain nombre d'erreurs de management répétées», citant une source proche de l'Etat, actionnaire à hauteur de 15 %. «Il y a eu des dysfonctionnements à répétition dans la chaîne de direction de Renault», ajoute cette source qui cite au total quatre mises à pied injustifiées de cadres.

Chaîne d'incompétences

«Une chaîne d'incompétences est à l'origine de cette incroyable affaire», appuie une source proche de l'enquête citée par Les Echos. Libération écrit de son côté que le rapport, confié à Philippe Lagayette, administrateur de Renault serait, d'après plusieurs sources, accablant pour la direction de l'entreprise et donc pour Patrick Pélata mais que son débarquement ne serait pas à l'ordre du jour du conseil. La question des réparations réclamées par les cadres mis en cause - 9,1 millions d'euros en tout selon Marianne, et 11,2 millions si l'on inclut les indemnités - sera par contre très probablement aussi abordée lors du conseil de lundi. Elle fait débat dans la firme au losange, puisque les syndicat ont déjà annoncé qu'ils ne souhaitent pas que ce soit l'entreprise, et donc ses salariés, qui payent ces indemnités.

Priée de commenter ces articles, une porte-parole du constructeur automobile a simplement confirmé la tenue d'un conseil. «Il y a bien un conseil d'administration extraordinaire cet après-midi relatif à l'affaire des cadres. C'est à l'issue de ce conseil que Renault fera éventuellement une communication. A ce stade, nous n'avons pas d'autre commentaire».