Les révoltes dans les pays arabes pourrait réduire leur croissance en 2011, selon la Banque mondiale

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La croissance des pays d'Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient pourrait être inférieure en 2011 à celle de 2010 à cause des troubles politiques, a affirmé l'économiste en chef de la Banque mondiale, dans des propos tenus vendredi et publiables dimanche.

«Nos estimations montrent que les répercussions pour les pays comme l'Egypte et la Tunisie peuvent être une baisse d'environ 3 points de pourcentage» dans la croissance économique, a indiqué cet économiste, Justin Lin. «Pour la région, les pays nord-africains et ceux du Proche et Moyen-Orient, les répercussions peuvent être d'environ 2,4 points de pourcentage», a-t-il ajouté, lors d'une conférence de presse à Washington sur le Rapport sur le développement dans le monde 2011.

Hausse du prix du pétrole?

Dans ses prévisions économiques publiées le 12 janvier, la Banque mondiale tablait sur 4,3% de croissance en 2011 en Afrique du Nord, au Proche et au Moyen-Orient, après 3,3% estimés pour 2010. Mais depuis lors, les présidents tunisien et égyptien ont été chassés par des révoltes populaires, la Libye s'est enfoncée dans un conflit meurtrier qui a provoqué une intervention militaire menée par l'Otan, et des manifestations ont été réprimées dans le sang dans plusieurs autres pays arabes.

M. Lin a estimé que d'un point de vue mondial, les conséquences devraient être limitées. «Cependant, si le cours du pétrole, l'approvisionnement en pétrole, est considérablement touché [...], alors on pourrait avoir des répercussions plus importantes», a-t-il souligné. L'institution soeur de la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, doit publier ses prévisions économiques mondiales lundi.