Renault: Le fiasco de la fausse affaire d'espionnage passé au crible

ENQUÊTE es membres du CA vont tenter d'établir des responsabilités...

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Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011.
Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011. — DURAND FLORENCE/SIPA

Le conseil d'administration de Renault tentera lundi d'y voir plus clair dans le faux scandale d'espionnage lors d'une réunion extraordinaire et d'établir les responsabilités de chacun dans ce fiasco.

Le conseil doit se tenir entre midi et 14 heures à Boulogne-Billancourt, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP. Il se penchera sur un rapport réalisé par le comité d'audit de Renault à la demande de la direction.

Ce comité, présidé par l'administrateur indépendant Philippe Lagayette et épaulé par le cabinet de conseil BearingPoint, a tenté de retracer le fil de cette affaire rocambolesque qui secoue Renault depuis le licenciement de trois de ses cadres en janvier. Et au final, de pointer les dysfonctionnements et établir les responsabilités de chacun.

La démission de Pélata dans la balance?

Jusqu'à présent, aucune tête n'est tombée à la direction de Renault. Le PDG, Carlos Ghosn, a reconnu à la mi-mars que lui-même et le groupe s'étaient trompés et avaient accusé à tort les trois cadres d'avoir monnayé des informations sur le programme phare des véhicules électriques. Mais il avait refusé la démission de son numéro deux, Patrick Pélata.

Une autre question qui pourrait s'inviter à l'ordre du jour est celle des indemnités à verser à ses ex-salariés. Selon l'hebdomadaire Marianne, Michel Balthazard, Bertrand Rochette et Matthieu Tenenbaum demandent respectivement 3,2 millions, 3,4 millions et 2,4 millions d'euros de dommages pour préjudice moral. Des sommes qui, ajoutées aux diverses indemnités de licenciement, feraient grimper la note à plus de 11 millions d'euros, selon les calculs de l'hebdomadaire.

Les syndicats du constructeur automobile français ont déjà averti qu'il n'est pas question que les salariés paient pour les erreurs de leur direction. Pour la CGT, «c'est à ceux qui, de près ou de loin ont participé à ce fiasco et non aux salariés de Renault, de payer», une position partagée par la CFE-CGC. Reste à savoir comment réagira l'Etat, premier actionnaire de Renault, représenté par deux administrateurs au conseil.