La déconfiture guette les restos

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Demain, les restaurateurs seront fixés sur leur sort. Réunis à Bruxelles, les 25 ministres de l’Economie et des Finances de l’Union européenne doivent se pencher sur l’épineux dossier de la TVA. Dans l’UE, un taux minimum de 15 % a été fixé. Toute réduction nécessite un accord à l’unanimité des pays membres. Depuis 1999, neuf Etats ont obtenu des dérogations temporaires. En France, c’est le cas pour le bâtiment, mais pas pour la restauration. Ce secteur la réclame pourtant depuis dix ans, et a même obtenu une promesse du candidat Chirac, en 2002. Jeudi, la France semblait avoir marqué des points auprès de l’Allemagne, principal opposant à sa demande. Mais vendredi, la situation s’est renversée. La présidence autrichienne a proposé de prolonger les exceptions actuelles jusqu’en 2010, et de ne pas en accorder de nouvelles. Le soir même, le ministère français des Finances a assuré avoir l’intention de « se battre sur les deux fronts avec une énergie totale », mais Paris a souligné ces dernières semaines les différences de situation entre le bâtiment et la restauration, laissant ainsi entendre que sa priorité allait au premier secteur. Aujourd’hui, Jacques Chirac tentera un dernier baroud d’honneur lors d’une rencontre avec Angela Merkel à Versailles. Mais la chancelière allemande, qui s’apprête à augmenter la TVA chez elle, ne devrait pas montrer plus de flexibilité. Angeline Benoit