La Bourse de Paris se replie malgré des annonces de fusions-acquisitions

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La Bourse de Paris a terminé lundi en baisse de 0,29% dans un marché retenant son souffle avant la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, malgré plusieurs annonces de fusions-acquisitions.

L'indice vedette a reculé de 11,84 points pour s'inscrire à 4.042,92 points dans un mince volume d'échanges de 2,785 milliards d'euros.

Sur les autres grandes places européennes, l'heure a également été à l'attentisme: Francfort a cédé 0,06%, tandis que Londres a gagné 0,12%. De son côté, l'Eurostoxx 50 a reculé de 0,24%.

Après avoir rebondi de plus de 6% sur les deux dernières semaines, le marché parisien a marqué une pause, les investisseurs attendant la réunion de la BCE qui doit relever jeudi ses taux pour la première fois depuis mai 2009.

Si la décision de la banque centrale devrait être sans surprise, le discours de son président, Jean-Claude Trichet, sera particulièrement surveillé.

"Ce relèvement des taux pourrait être une première amorce" et donner lieu à d'autres hausses, estime Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities, alors que l'inflation ne cesse de croître en zone euro (+2,6% en mars), incitant la BCE à agir pour stabiliser les prix.

Les investisseurs se sont montrés attentistes face à cette actualité et alors que la séance a été pauvre sur le plan macroéconomique.

En revanche, de nombreuses annonces de fusions et acquisitions ont ponctué la séance et "auraient dû être un thème porteur mais les annonces sont assez +franco-françaises", a souligné M. Marçais, qui n'exclut toutefois pas une réaction du marché avec du retard.

Outre l'OPA amicale de Solvay sur Rhodia, il y a eu le rachat total de SFR par Vivendi et l'acquisition d’Hypercom par Ingenico. Aux Etats-Unis, le géant de la pharmacie Pfizer est parvenu à un accord avec le fonds de capital-investissement KKR pour lui céder son unité Capsugel.

Moins optimiste, Guillaume Garabédian, gérant d'actions chez Meeschaert Gestion Privée, rappelle que "les opérations de fusions-acquisitions ont déjà repris depuis un certain temps et ne constituent pas un élément déclencheur pour les investisseurs".

Rhodia a été incontestablement la valeur-vedette de la séance: son titre s'est envolé de 48,16% à 31,21 euros, s'alignant sur le prix d'offre proposé par le chimiste belge Solvay pour racheter le groupe. Cette opération "amicale" valorise le français à 3,4 milliards d'euros. Dans son sillage, Arkema, autre acteur du secteur, a pris 2,32% à 66,66 euros.

Vivendi a progressé de 0,58% à 20,63 euros après le rachat pour près de 8 milliards d'euros de la part minoritaire du britannique Vodafone dans SFR, dont il détient désormais la totalité du capital.

Ingenico a pris pour sa part 3,56% à 32,75 euros après avoir racheté les activités aux Etats-Unis de son concurrent américain Hypercom, pour 54 millions de dollars (38 millions d'euros) en numéraire, une opération qui va permettre au français de récupérer la base clients de l'américain.

PagesJaunes a gagné 2,04% à 7,26 euros après le rachat du site avendrealouer.fr à PriceMinister. Il s'agit d'une "opération de petite taille mais astucieuse pour renforcer PagesJaunes sur la thématique immobilière", soulignent les analystes du CM-CIC Securities.

De son côté, Alstom a gagné 1,70% à 43,90 euros après avoir remporté un contrat de plus de 650 millions d'euros pour fournir des équipements destinés à une centrale électrique en Malaisie.

En revanche, les valeurs bancaires ont perdu du terrain sur fond de craintes persistantes sur le Portugal, sous la pression des marchés et dont les taux ne cessent de flamber sur le marché obligataire: Société Générale a enregistré la plus forte baisse du CAC 40 (-2,77% à 45,80 euros) suivi de près par Crédit Agricole (-2,17% à 11,71 euros) et BNP Paribas (-1,31% à 52,74 euros).

  1. Euronext (CAC 40)