Un Français sur trois pense à réduire ses dépenses d'alimentation

SOCIETE Un sondage du CSA sur le pouvoir d'achat des Français révèle leur perception morose...

Gilles Wallon

— 

Entre des pommes en vrac, et des pommes emballées, le prix varie du simple au double. Le prix de l'emballage.
Entre des pommes en vrac, et des pommes emballées, le prix varie du simple au double. Le prix de l'emballage. — A.GLEBART/20MINUTES

Quatre ans après l’élection d’un «président du pouvoir d’achat», les frais quotidiens continuent de grimper. A tel point qu’ils pensent réduire leurs dépenses de base: le chauffage, le carburant et même l’alimentation pour un tiers d’entre eux. C’est ce que révèle un sondage CSA/20Minutes, alors que l’Insee annonçait la semaine passée que le pouvoir d’achat avait… augmenté de 1,2 % en 2010.

«Avec les dépenses alimentaires, on touche au quotidien, à ce qu’il y a de plus vital», estime Jérôme Sainte-Marie, directeur de CSA. «Un tiers des Français qui réduit ce budget-là, c’est la preuve d’un malaise profond.»

« Un sentiment de déclin »

Pour cet analyste, les Français vivent «depuis deux ou trois ans» dans «un sentiment de déclin». Le pétrole, l’énergie, la nourriture deviennent des sources d’angoisse. Beaucoup de foyers vivent même « avec une double peur : celle de la pénurie, et celle des prix qui montent ». Pour les Français, les causes de la baisse du pouvoir d’achat sont multiples: passage à l’euro (37 %), hausse du prix des matières premières (36 %), salaires qui n’augmentent pas assez (36 %) «Ils ne désignent pas de coupable particulier», estime Jérôme Sainte-Marie. «Mais les hommes politiques sont devenus les paratonnerres de leur colère.» En 2012, le pouvoir d’achat pourrait bien jouer le premier rôle.

>> Consommation: où vaut-il mieux faire ses courses? 

Et vous? Craignez-vous une hausse des prix dans les mois qui viennent? Comptez-vous réduire vos dépenses? Dites-le nous dans vos commentaires ci-dessous...

L’insee, des chiffres en décalage

A contre-courant du ressenti des Français, l’Insee
avait annoncé le 25 mars dernier que si le pouvoir d’achat avait ralenti en 2010, il avait tout de même augmenté (+ 1,2 %). Ce décalage apparent s’explique par l’approche globale de l’Insee, où la hausse des très hauts revenus compense la baisse des revenus «moyens».