Affaire Tapie: Christine Lagarde veut poursuivre les députés PS qui l'accusent «d'abus d'autorité»

ÉCONOMIE lusieurs d'entre eux critiquent ses choix...

E.M.

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Conférence de presse de Christine Lagarde, la ministre des Finances, et de Christien Noyer, le gouverneur de la Banque de France, à Bercy, avant l'ouverture du G20 Finances le 18 février 2011.
Conférence de presse de Christine Lagarde, la ministre des Finances, et de Christien Noyer, le gouverneur de la Banque de France, à Bercy, avant l'ouverture du G20 Finances le 18 février 2011. — MEIGNEUX/SIPA/

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a annoncé aujourd'hui qu'elle envisageait de poursuivre en justice les neuf députés socialistes qui l'accusent d' «abus d'autorité» dans le règlement de l'affaire entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. Ils ont demandé la saisie de la Cour de justice de la République

Intérêts de l’Etat

«Christine Lagarde examine les actions judiciaires susceptibles d'être engagées à l'encontre des auteurs» d'une lettre adressée à Jean-Louis Nadal, procureur près la Cour de cassation, explique un communiqué de Bercy publié samedi.

Dans ce courrier, des députés PS critiquent directement le choix de Christine Lagarde d'avoir recouru à un tribunal arbitral en 2008 plutôt que de s'en remettre à une cour d'appel dans l'affaire.

Après 15 ans de bataille judiciaire, Bernard Tapie avait alors obtenu gain de cause.  Le tribunal avait en effet condamné le consortium de réalisation (CDR), société chargée de la gestion du passif du Crédit Lyonnais, à verser 285 millions d'euros au groupe et aux époux Tapie.

Détournement de fonds publics

«Le recours à l'arbitrage ne constitue en aucune façon un 'abus d'autorité», se défend la ministre de l’Economie. Elle réaffirme que son choix «a été fait pour sauvegarder les intérêts de l'Etat».

Plusieurs responsables politiques avait critiqué la décision, la qualifiant de contestable et accusant Bernard Tapie d’avoir spolié l'Etat.

Ils ajoutent que la commission d'instruction de la Cour de justice de la République devrait se prononcer sur une éventuelle «complicité de détournement de fonds publics».