Affaire Renault: L'agent qui a édité les fausses factures met en cause la direction

ÉCONOMIE is en examen, il assure être une victime de l'affaire...

Thibaut Schepman

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Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011.
Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011. — DURAND FLORENCE/SIPA

Peu à peu, les langue se délient chez les hommes de l’ombre de l’affaire Renault. C’est au tour de Michel Luc, l’agent qui a facturé de fausses prestations à Renault, de s’exprimer dans une interview au Parisien. C’est lui qui a réalisé les fausses factures pour les prestations de celui qu’il croyait être l’informateur privilégié de Dominique Gevrey, à l’origine de l’éviction des trois cadres de l’entreprise en janvier dernier. Un informateur qui n’aurait, selon la DCRI, jamais existé.

Mis en examen

Mis en examen pour «faux» et «escroquerie en bande organisée», il assure ce vendredi dans le Parisien avoir «été manipulé». Il reconnaît avoir reçu en échange une rémunération d’environ 10% des sommes facturées, mais assure que les missions pour lesquelles on lui a demandé de faire des fausses factures n’avaient «rien de suspect». Il s’agissait de «recherches d’information sur des entreprises et des études de solvabilité».

«Carlos Ghosn, qui est entouré d’une foule de conseillers, était certain que Dominique Gevrey avait une source dont les informations étaient fiables. Et l’on me reproche, à moi qui suis seul à l’étranger, d’avoir cru en lui!», avance l’agent, s’étonnant que «Renault se présente en victime, alors que c’est le groupe automobile qui a mis en place le système des fausses factures auquel j’ai accepté, pour rendre service, de me prêter».