L'e-commerce menace d'augmenter ses prix

INTERNET L'Union européenne veut renforcer le droit des cyber-consommateurs...

E.M.

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Un internaute devant un site d'e-commerce, le 26 novembre 2010.
Un internaute devant un site d'e-commerce, le 26 novembre 2010. — Richard B. Levine

L’Europe a bien l’intention de mettre son nez dans les achats sur Internet.  Dans le cadre de la directive sur les droits des consommateurs, le Parlement a voté la semaine dernière des dispositions pour renforcer les protections des cybers-acheteurs. Au grand dam des entreprises d’e-commerce qui menacent d’augmenter leurs prix.

De 7 à 14 jours

Le texte fait notamment passer de 7 à 14 jours la période de rétractation à partir de la date de réception du produit. Le cyber-acheteur aura donc 14 jours pour le renvoyer afin de se faire rembourser. Et pour tout achat d’une valeur supérieure à 40 euros, les frais de livraison seront à la charge du vendeur.

La directive doit être maintenant négociée entre la Commission et les Etats-membres, puis repasser devant le Parlement européen.

Critiques de mesures

Mais elle provoque déjà les foudres de la profession. La fédération des entreprises de vente à distance (Fedav) dénonce ainsi les conséquences pour la croissance et les emplois du secteur.

Selon elle, les sites d’«e-commerce électronique auront l’obligation de livrer dans toute l’Europe. Ainsi une PME qui ouvre un site en France devra dès le début prévoir un système de paiement en 7 monnaies différentes, un système de traduction en 25 langues et des contrats de livraison dans 27 pays».

La fédération estime donc que l’ensemble du dispositif européen est disproportionné et menace l’équilibre financier du secteur.

 Perte financière

«Ainsi, pour une commande de 40 euros, la perte directe pour le vendeur peut être estimée à 10 euros (sans compter la perte liée aux produits endommagés). Pour certains produits (équipements de la maison), la perte sèche pourra atteindre plus de 100 euros par produit retourné», précise le communiqué.

«Ces mesures entraîneront également une forte augmentation du nombre de produits retournés car elles inciteront certains clients à commander plusieurs produits à la fois, parfois même sans réelle intention d’acheter», poursuit la Fedav.

La profession demande donc au gouvernement de ne pas soutenir le texte. Et elle brandit la menace d’une hausse des prix. «Compte tenu du faible niveau de marges observé dans l’e-commerce, la plupart des entreprises n’auront pas d’autres choix que d’augmenter leurs prix de vente sur Internet», justifie ainsi la Fedav.