Les chèques font de la résistance en France

ARGENT Christine Lagarde n'a pas l'intention de les supprimer...

E.M.

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Des chèques.
Des chèques. — JAUBERT/SIPA

Avec 3,3 milliards de chèques émis en 2009, la France est le plus gros utilisateur de chéquiers en Europe et le deuxième au monde, derrière les Etats-Unis, selon un rapport publié mercredi par le comité consultatif du secteur financier (CCSF).

Complexité, coût pour les particuliers et les entreprises: plusieurs pays européens, comme le Royaume-Uni, sont pourtant en train de le supprimer. Une perspective qui «n’est pas une option aujourd’hui», a indiqué mercredi a ministre de l’Economie Christine Lagarde.

2 paiements sur 10

La baisse du nombre de chèquiers s’est accélérée ces dernières années. Le taux de réduction annuel moyen est ainsi de 4% depuis 2002, au profit de la carte de crédit.

Mais hors espèce, le chèque représente encore 20% des paiements dans l’Hexagone. Selon ce rapport, 9 particuliers sur 10 possèdent un chéquier et émettent en moyenne près de 5 chèques par mois. A elle seule, la France enregistre 81% des chèques émis dans l’ensemble des pays de la zone euro.

«Le cadre juridique et la gratuité du chèque par rapport aux autres moyens de paiement expliquent en partie cette utilisation élevée», analyse le rapport.

Côté entreprise aussi, le chèque est un moyen de paiement important.  Les professionnels et PME-PMI en émettent entre 9 et 35 par mois.

Grosses dépenses

Mais les Français ne sortent pas leur chéquier pour toutes les occasions. Il est surtout privilégié pour les grosses dépenses. Avec un chèque moyen de 2.248 euros, les entreprises s’en servent pour payer fournisseur et salariés.

Le montant moyen chez les particuliers est de 274 euros. Les chèques sont notamment signés pour faire un achat automobile, d’électroménager, payer ses courses au supermarché, ses impôts ou son loyer.

Et contrairement à une idée reçue, le chèque n’est pas un moyen de paiement pour personnes âgées. Le pic d’utilisation se situe à 35-49 ans.

«Il semblerait donc que ce ne soit pas l’âge qui explique une utilisation élevée du chèque, mais plutôt le cycle de vie (ex: parents avec enfants en âge de scolarité) qui influence le type et le nombre de dépenses, ainsi que le choix du moyen de paiement», explique le rapport.