L'Autorité de la concurrence ne joue pas à armes égales face aux entreprises

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L'Autorité de la concurrence ne dispose pas de moyens suffisants face aux entreprises, qui consacrent beaucoup d'argent à leur défense et font preuve d'"inventivité" pour échapper aux sanctions, dénonce son président Bruno Lasserre dans un entretien au quotidien Libération de mercredi.

"Ce qui me frappe dans notre métier, c'est la disproportion des forces entre les moyens dont disposent les régulateurs et ceux des entreprises", dit-il.

Par exemple, les dix banques françaises condamnées en septembre à 384,5 millions d'euros d'amende pour entente sur les coûts de traitement des chèques ont mobilisé pour leur défense "à peu près la moitié" du budget annuel de l'Autorité, soit 20 millions d'euros, explique son président.

"Certes, elles en ont le droit. Mais cela doit nous faire réfléchir. La disproportion des forces devient préoccupante", dit-il.

De même, le président souligne que les outils de perquisition informatiques dont dispose l'Autorité ne lui "permettent pas toujours de rivaliser avec leur inventivité".

Il se félicite en revanche que les montants des sanctions que peut infliger l'Autorité de la concurrence aient été relevés par le législateur. Elles sont désormais mieux proportionnées à la "gravité des infractions et aux dommages qu'elles peuvent causer à l'économie et aux consommateurs".

"Il faut savoir qu'un cartel durable et bien organisé, avec des mécanismes de représailles à l'égard de ceux qui ne respectent pas la discipline, peut augmenter les prix jusqu'à 20 ou 30%", relève M. Lasserre.