Lactalis a contacté la Commission européenne au sujet de Parmalat

© 2011 AFP

— 

Le groupe français Lactalis, qui se heurte à une levée de boucliers en Italie où il tente de prendre le contrôle du groupe alimentaire Parmalat, a pris contact à ce sujet avec la Commission européenne, a indiqué mardi une porte-parole de cette dernière.

"Le président de Lactalis a essayé de joindre le commissaire" au Marché intérieur, Michel Barnier, qui était en voyage, et il a finalement parlé à "son chef de cabinet", selon la porte-parole.

La Commission a aussi eu des contacts informels avec l'équipe du ministre italien de l'Economie Giulio Tremonti, qui est en train de mettre au point un mécanisme de protection anti-OPA pour ses fleurons nationaux.

Lactalis a annoncé la semaine dernière qu'il avait porté sa participation dans Parmalat à 29%, devenant un actionnaire incontournable du groupe italien dont le capital est très éclaté.

Rome a immédiatement adopté un décret autorisant les entreprises du pays à repousser leur assemblée générale jusque fin juin, ce qui techniquement permettrait à Parmalat d'attendre la mise en place d'une éventuelle alliance d'investisseurs italiens qui barrerait la route à Lactalis.

Selon la presse, Rome compte aussi s'inspirer de la législation française afin de protéger les secteurs de l'agroalimentaire, de la défense, des télécommunications ou de l'énergie en imposant l'avis du gouvernement sur le lancement d'OPA par des groupes étrangers.

D'après une source proche du dossier, la Commission européenne ne s'est engagée à aucune action à ce stade.

Mais dans une interview la semaine dernière sur la radio française RTL, Michel Barnier a noté que s'il ne savait "pas encore ce que le gouvernement italien comptait faire précisément" et qu'il comptait "regarder de très près si les règles européennes (étaient) respectées".

"Le bon niveau du patriotisme économique, c'est le niveau européen", a ajouté le commissaire, mettant implicitement en garde contre des mesures de protectionnisme national en Europe.

Le président français Nicolas Sarkozy avait également été interrogé sur les mesures prévues par Rome vendredi, en marge d'une réunion à Bruxelles avec les autres chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, mais n'avait pas voulu faire de commentaire.

"Vous m'avez posé une colle" sur un dossier que "je connais très mal", avait-il répondu au journaliste italien qui posait la question.