Renault: Un ancien agent secret belge nie être la «source» à l'origine de l'affaire

ESPIONNAGE Il assure n'avoir jamais donné d'informations à Dominique Gevrey...

© 2011 AFP

— 

Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011.
Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011. — DURAND FLORENCE/SIPA

Les révélations autour de la fausse affaire d'espionnage industriel chez Renault n'en finissent plus.

Un ancien agent secret belge a assuré lundi aux enquêteurs ne pas être la «source» de Dominique Gevrey, mis en examen et placé en détention dans l'enquête, a-t-on appris mardi de source judiciaire, confirmant une information de Mediapart.

>> De l'affaire d'espionnage industriel à l'escroquerie, retrouvez le point de 20minutes.fr

Fausse source

Cet ancien agent, présenté par Dominique Gevrey comme sa «source» le 13 mars lors de sa première audition par le juge chargé de l'enquête, a été entendu lors d'une commission rogatoire internationale en Belgique par les enquêteurs chargés de l'affaire d'escroquerie présumée chez Renault, selon cette source.

Au cours de son audition, cet homme a formellement nié être la «source» de Dominique Gevrey, un responsable de la sécurité de Renault mis en examen et placé en détention dans cette affaire. Celui-ci avait pourtant assuré le 13 mars que cet homme lui avait fourni des numéros de compte censés appartenir aux trois cadres de Renault licenciés début janvier sur la base d'accusations d'espionnage.

Doutes

Dominique Gevrey avait été pressé dès le 14 février de fournir des preuves par le directeur juridique de Renault, Christian Husson, et l'avocat de Renault, Me Jean Reinhart, selon un enregistrement révélé lundi par L'Express et France 2. Dominique Gevrey avait alors défendu farouchement son informateur supposé, tout en refusant de livrer son nom et le rapport écrit dont il assurait disposer.

Trois jours après, «le 17 février, j'ai déposé au parquet de Paris un mémorandum faisant état de nos doutes, ce qui n'excluait pour autant pas la poursuite de la piste d'un éventuel espionnage», a expliqué Me Reinhart à l'AFP.

«Nous avions en effet constaté qu'une seule personne, Dominique Gevrey, connaissait l'identité de la source supposée et qu'il refusait de la donner, ce qui nourrissait des inquiétudes sur la qualité des informations fournies», a ajouté l'avocat de Renault.

Carlos Ghosn et Renault ont fait leur mea culpa et innocenté le 14 mars les cadres licenciés à tort, en reconnaissant que l'affaire était probablement montée de toutes pièces. Mais l'Etat, premier actionnaire du groupe (15%), a laissé entendre que des dirigeants allaient devoir tomber.