Standard and Poor's abaisse la note de la Grèce et du Portugal

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Standard and Poor's a annoncé mardi avoir baissé de deux crans la note de la Grèce à BB- et d'un cran celle du Portugal à BBB-, sur fond de craintes d'une possible restructuration de leur dette, le Portugal se disant "déterminé" à ne pas demander une aide extérieure.

La Grèce a été la première à réagir, estimant que cette décision de l'agence de notation était "déséquilibrée et injuste".

Le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou a affirmé qu'elle était basée sur une "évaluation déséquilibrée des décisions récentes prises par le conseil européen le 25 mars. Elle ne reflète ni les efforts faits jusqu'à présent, ni les succès enregistrés, ni les perspectives économiques de la Grèce".

Le Premier ministre démissionnaire portugais José Socrates s'est lui dit "déterminé" à tout faire pour éviter le recours à une aide financière extérieure en dépit de la pression des marchés, alors qu'après la Grèce et l'Irlande, son pays traverse une double crise financière et politique.

Les dirigeants européens ont entériné vendredi un vaste dispositif de défense contre les crises de la dette, incluant un Fonds de soutien financier renforcé pour la zone euro et un mécanisme à plus long terme.

Ce mécanisme de stabilité (MES) de 500 mds d'euros est destiné à prendre le relais en 2013 du Fond européen de stabilisation financière (FESF) de 440 milliards d'euros mis en place en 2010 en pleine crise grecque.

Concernant la Grèce, l'agence de notation estime qu'étant donné ses "besoins d'emprunt significatifs et persistants, il est hautement probable qu'elle fasse appel" au fonds d'aide financier mis en place au printemps 2010 mais également à celui appelé à lui succéder à partir de 2013.

"Cela accroît la probabilité d'une restructuration de la dette" du pays, relève S&P dans un communiqué.

L'agence considère que toute aide apportée par le mécanisme permanent qui doit être lancé mi-2013 passera "par une possible restructuration de dette", une hypothèse qui pénaliserait les investisseurs privés, selon des analystes.

Avec une note de BB-, la Grèce reste dans la catégorie "spéculative" des pays à risque pour le remboursement de leur dette mais devient "non fiable".

L'agence souligne que le pays reste sous surveillance négative, ce qui signifie que sa note pourrait encore être dégradée dans les trois mois.

Pour le Portugal, l'agence estime que la dette abyssale du pays "rend vraisemblable un recours du Portugal au FESF et, en 2013, au MES", affirme S&P, dans un communiqué séparé.

Avec une note de BBB-, le Portugal n'est plus qu'à un cran de la catégorie spéculative, même s'il reste trois crans au-dessus de la Grèce.

S&P estime cependant que le pays "pourrait obtenir des fonds du MES en évitant une restructuration de sa dette en 2013".

La création du MES "a, à la marge, augmenté la possibilité d'un défaut" de paiement du Portugal, a estimé un analyste de Standard and Poor's Frank Gill lors d'une conférence de presse téléphonique, ajoutant toutefois que la note actuelle impliquait un très faible risque de défaut.

Jeudi, Standard and Poor's et une autre agence concurrente, Fitch, avaient dégradé de deux crans la note de la dette portugaise, conséquence directe du rejet par le Parlement du nouveau plan d'austérité et de la chute du gouvernement socialiste minoritaire.

Les notes attribuées par les agences de notation influencent les taux auxquels les pays peuvent emprunter pour se financer sur les marchés.

Après cette nouvelle dégradation, les taux grecs et portugais se sont fortement tendus mardi, et les rendements portugais à 10 ans ont atteint un nouveau niveau record depuis l'entrée de ce pays dans la zone euro.