GB : l'économie s'est finalement contractée de 0,5% fin 2010

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L'économie britannique s'est finalement contractée de 0,5% au dernier trimestre 2010, une performance un peu moins mauvaise qu'estimé précédemment mais qui reflète une situation économique toujours très difficile.

Dans sa troisième et dernière estimation publiée mardi, l'Office des statistiques nationales (ONS) a révisé à -0,5% la baisse du Produit intérieur brut par rapport au trimestre précédent. C'est un peu mieux que la chute de 0,6% dont il avait état dans son estimation de février, un chiffre que les analystes s'attendaient à voir confirmé.

Le repli de 0,5% est conforme à la toute première estimation du PIB publiée fin janvier et qui avait suscité un choc national, prenant tous les experts de court.

La croissance de l'économie britannique au quatrième trimestre sur un an reste quant à elle évaluée à 1,5%, et celle enregistrée sur l'ensemble de l'année 2010 est toujours estimée à 1,3%, a précisé l'ONS dans un communiqué.

La contraction de la fin de l'année a été en grande partie imputée au froid polaire et aux chutes de neige qui ont perturbé les transports et l'activité du pays. Sans cet épisode, l'économie aurait au mieux stagné, a néanmoins reconnu l'ONS.

Malgré la légère révision à la hausse du PIB, les analystes ont de nouveau souligné mardi la fragilité de la reprise au Royaume-Uni au moment où le gouvernement du conservateur David Cameron met en oeuvre un plan de rigueur d'une sévérité sans équivalent parmi les grands pays européens.

"La situation globale reste celle d'une économie très faible", a ainsi estimé Vicky Redwood de Capital Economics, tandis que le centre d'études CEBR jugeait aussi "les fondamentaux économiques très faibles pour 2011".

Si la grande majorité des experts écartent la possibilité d'un retour du pays dans la récession, ils estiment que la projection officielle pour 2011 continue de pécher par optimisme.

Le ministre des Finances George Osborne vient de la réviser à la baisse, la ramenant à 1,7% (contre 2,1% espérés à l'automne). La banque ING ne prévoit de son côté que 1,3% et l'OCDE 1,5%.

Or, seule une croissance plus vigoureuse pourrait permettre au secteur privé de compenser les effets de la rigueur, qui se traduira notamment par plus de 300.000 suppressions d'emplois publics dans les prochaines années.

Tout en présentant la semaine dernière un "budget pour la croissance", M. Osborne a exclu d'assouplir son plan qui vise à venir à bout d'un déficit public record (près de 10% du PIB en 2010).

La faiblesse de la croissance complique par ailleurs la tâche de la Banque d'Angleterre, qui maintient depuis deux ans son taux directeur à un niveau historiquement bas (0,5%) afin d'encourager la reprise. Mais elle fait face à une pression grandissante pour infléchir sa politique et replacer en tête de ses priorités la lutte contre l'inflation, qui n'en finit plus de déraper (+4,3% sur un an).

Autre signe inquiétant à court terme pour l'économie britannique, l'indice de confiance des consommateurs est au plus bas depuis plus d'une dizaine d'années.