Bangladesh: la cour suprême ajourne l'appel du Nobel Muhammad Yunus

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La cour suprême du Bangladesh a une nouvelle fois ajourné mardi une audience sur l'appel du pionnier de la microfinance, Muhammad Yunus, qui conteste son renvoi de la Grameen Bank, l'établissement spécialisé dans le micro-crédit qui lui a valu le prix Nobel de la Paix.

"Notre équipe juridique voulait davantage de temps pour préparer le dossier et permettre la poursuite des débats", a déclaré à l'AFP l'un de ses avocats, Tamin Husain Shawan.

M. Yunus, 70 ans, n'était pas présent mardi au tribunal.

"L'audience a été reportée au 4 avril. Nous voulions obtenir un sursis de quatre semaines, mais la cour suprême n'a pas accédé" à notre requête, a précisé l'avocat.

La plus haute juridiction du Bangladesh avait déjà ajourné une précédente audience le 15 mars.

M. Yunus a été limogé le 2 mars de la Grameen Bank par la banque centrale du Bangladesh qui lui a reproché d'avoir omis d'obtenir une autorisation en bonne et due forme lors de sa reconduction en 1999 à la direction générale de l'établissement qu'il avait créé en 1983.

La semaine dernière, le secrétaire d'Etat américain adjoint pour l'Asie centrale et méridionale, Robert Blake, a déclaré que Washington était "profondément troublé" par le renvoi de M. Yunus et que les relations bilatérales seraient affectées si une solution à l'amiable n'était pas trouvée.

Le ministère des Finances du Bangladesh a affirmé que Dacca recherchait un moyen de trouver "une solution honorable" à la question.

Selon ses partisans, M. Yunus, qui est brouillé depuis des années avec la Premier ministre, Sheikh Hasina, est victime d'une campagne de diffamation.

Ses ennuis ont commencé en 2007 lorsqu'il a émis l'idée de créer son propre parti politique, dénonçant une classe dirigeante intéressée par "l'argent et le pouvoir". M. Yunus y avait renoncé au bout de quelques mois.