Le Japon pourrait augmenter ses impôts pour faire face à la reconstruction

E.M. avec Reuters

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Le Japon n'exclut aucune source de revenus pour financer la reconstruction après le séisme et le tsunami qui ont dévasté une partie du pays, y compris une hausse d'impôts, a annoncé mardi le Premier ministre Naoto Kan.

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Reconstruction

Le gouvernement, toujours aux prises avec des difficultés pour acheminer l'aide dans les endroits les plus touchés tout en essayant de maîtriser un grave accident nucléaire, doit prendre une décision sur la façon de financer le plus gros effort de reconstruction du pays depuis la Seconde Guerre mondiale.
                                   
Selon un sondage publié dimanche, plus des deux tiers des Japonais sont favorables à une taxe supplémentaire pour financer cet effort. Naoto Kan a déclaré devant le parlement qu'il n'envisageait pas de hausse de la fiscalité pour le moment mais a souligné que cela faisait partie des possibilités que le gouvernement étudierait.

Impôt sur les sociétés

De même, le Japon pourrait renoncer à son projet de réduire de cinq points le taux d'imposition sur les sociétés qui se situe à 40%. Un abaissement du taux d'IS, qui réduirait les recettes fiscales de 430 milliards de yens (3,7 milliards d'euros), avait été considéré comme une mesure pour rendre les sociétés japonaises plus compétitives.
                                   
Mais le principal syndicat patronal a donné son feu vert au gouvernement pour qu'il renonce à son projet. «Cela n'est pas grave si le gouvernement renonce à réduire le taux de l'impôt sur les sociétés», a déclaré lundi Hiromasa Yonekura, président de la Japan Business Federation. «Je préfère que le gouvernement aille vite dans l'effort de reconstruction.»

300 millions de dollars

Le montant des dégâts a été estimé la semaine dernière par le gouvernement à plus de 300 milliards de dollars, ce qui en fait la catastrophe naturelle la plus chère de l'histoire.
                                   
Après le vote du budget pour l'exercice fiscal 2011-2012 qui commence le 1er avril, attendu dans la journée, le parlement devra se prononcer dans quelques temps sur une loi autorisant l'émission d'obligations pour financer une partie des dépenses, à la fois dans le budget habituel et dans les textes supplémentaires.
                                   
Naoto Kan a dit espérer soumettre un collectif budgétaire d'urgence au parlement à temps pour qu'il puisse commencer à être discuté au parlement le mois prochain.