L'Autorité de la concurrence soupçonne une entente sur les prix de la farine

ALIMENTAIRE Elle enquête sur un cartel de meuniers…

E.M.

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Une baguette de pain dans une boulangerie à Paris en août 2007.
Une baguette de pain dans une boulangerie à Paris en août 2007. — DURAND FLORENCE/SIPA

Existe-t-il un cartel des meuniers franco-allemands? Selon des informations publiées mardi par Le Figaro, l'Autorité de la concurrence soupçonne des meuniers français et allemands d'entente sur les prix de la farine en sachet vendus en magasins. Elle estime aussi que certains professionnels hexagonaux se seraient mis d'accord au niveaun de la farine vendue aux boulangers.

Un enjeu d’autant plus important que sous la pression de la hausse des cours des matières premières, ce produit devrait augmenter de 15 à 20% dans les semaines qui viennent.

Rapport confidentiel

Le journal a eu accès à un rapport confidentiel de l'Autorité. A la suite d'une demande de clémence d'un meunier allemand qui s'est dénoncé, cette dernière reproche à une dizaine d'entreprises de meunerie françaises de s'être entendues avec certains de leurs homologues outre-Rhin.

«Les principaux meuniers français seraient mêlés à ce cartel franco-allemand qui aurait duré de 2002 à 2008, ainsi qu'une dizaine de meuniers allemands. Dans la liste figurent Grands Moulins de Strasbourg, Grands Moulins de ­Paris, Euromill Nord, Minoteries Cantin, Moulins Soufflet, Grand Moulins Storione, Amo (Celbert), Générales de Farine, mais aussi les structures de commercialisation France Farine et Back Mühle», précise l’article.

Pratiques anti-concurrentielles

Le rapport fait état de réunions à partir de 2002 sur la farine en sachet qui ont eu pour but de limiter les ventes entre France et Allemagne à 15.000 tonnes par an. En France, des structures comme France Farine auraient aussi permis la mise en place de pratiques anti-concurrentielles.

L'Autorité de la concurrence devrait rendre sa décision définitive cet été.  Et cette affaire «pourrait être le prélude d'une autre enquête en cours, toujours dans la farine. À la suite de faits remontant à 2007, l'Autorité suspecte cette fois-ci des meuniers d'entente sur les prix pour la farine vendue en vrac aux boulangers», conclut Le Figaro.