Epargne-retraite: à qui confier les cordons de sa bourse?

ÉPARGNE ous voulez épargner mais vous ne savez pas à qui vous adresser? Le point sur les différents acteurs...

Hélène Duvigneau
— 
SIPA

Banquier, assureur, gestionnaire de patrimoine, courtier en ligne… Voilà autant d’acteurs qui bataillent pour tirer les ficelles de votre bourse. Mais auquel vaut-il mieux s’adresser pour définir une stratégie d’épargne-retraite sur le long terme? 

D’abord, mieux vaut prendre plusieurs avis, et commencer si possible par s’adresser à l’interlocuteur que l’on connaît le mieux, en général son banquier. Il est le plus au courant de votre situation, de votre capacité d’épargne, en particulier si vous avez l’habitude de le rencontrer une fois par an. Mais attention: ce n’est pas parce que vous avez un ou plusieurs comptes dans une même banque que les solutions d’épargne-retraite y seront plus avantageuses qu’ailleurs. «Cela peut être intéressant pour le cas où vous souhaitez demander un financement en vue d’acheter un logement, mais pour le reste, la banque prendra une marge, de la même façon qu’ailleurs», remarque Sandra Barthelemy, directrice animation commerciale et ingénieur patrimonial chez Fiducée.

Se faire recommander la perle rare

Si cette première rencontre vous a néanmoins laissé sur votre faim, alors n’hésitez pas à faire appel à votre entourage. «Chercher un bon conseiller, c’est un peu comme chercher un bon médecin, surtout quand il s’agit de faire un long voyage, alors pourquoi ne pas demander une recommandation?», observe Hervé de la Tour d’Artaise, président de la CGPC. «C’est d’autant plus vrai que la qualité du conseil en gestion de patrimoine dépend du talent de la personne qu’on a en face de soi, plus que de la structure à laquelle cette personne appartient.» Et si les recommandations ne suffisent pas, vous pourrez toujours vous tourner vers une association de consommateurs ou un syndicat professionnel. Ils auront à coup sûr de bonnes adresses.

Vous pouvez également solliciter l’avis de votre assureur, surtout s’il est au coin de votre rue et n’a pas bougé depuis quinze ans. Pour Philippe Lequeux Sauvage, agent général d’assurance, l’assureur est sans doute meilleur que le banquier sur des produits d’épargne longue. «Prévoir sur le long terme correspond plus au  métier de l’assureur, c’est dans ses gènes ! Dans les banques, on voit plus les choses sur le moyen-terme, et il y a plus de turn-over du personnel.» Pourtant, avec le développement de la bancassurance, les métiers ont de plus en plus tendance à se confondre. La plupart des assureurs offrent aujourd’hui des services bancaires tandis que les banques proposent des produits d’assurance…

 Des règles élémentaires

Quel que soit votre interlocuteur, quelques conseils de base s’imposent. D’abord, pour chaque produit d’épargne proposé, veillez à vous renseigner sur les frais qui lui sont associés: frais de souscription, de gestion, d’arbitrage, bref tout ce qui relève de la politique commerciale de l’entreprise. Dans tous les cas, mieux vaut aussi éviter de se diriger en priorité vers les produits ou les acteurs qui bénéficient de grandes campagnes publicitaires. Méfiance !

Par ailleurs, le grand défaut du conseil étant d’être oral, vous aurez tout intérêt à demander une trace écrite sous forme d’engagement, de manière à  confronter vos besoins à la réponse qui vous a été faite, et d’inscrire sur papier l’ensemble des coûts associés. En cas de problème, si l’engagement n’est pas respecté, cela pourra vous servir de preuve devant un tribunal, si vous décidez de porter plainte pour défaut de conseil. «Le problème, c’est que le conseil est souvent lié à distribution de produits, prévient Hervé de La Tour d’Artaise. Un banquier intéressé au chiffre d’affaires aura donc tout intérêt à vendre tel ou tel produit, d’où le risque de conflit d’intérêt.»

 Les conseillers indépendants

Pour éviter de tels conflits, vous pouvez décider de faire appel à un courtier ou à un conseiller en gestion de patrimoine indépendant. «Le conseil avisé et objectif doit être indépendant, recommande Sandra Barthelemy, du cabinet Fiducée. L’avantage principal d’un conseiller indépendant est qu’il ne dépend d’aucune grande institution commerciale et sera donc plus à même de choisir dans telle ou telle gamme de produit, ce qui est le plus adapté à son client.» Par ailleurs, le conseiller indépendant disposera davantage de produits sophistiqués, plus adaptés aux gros patrimoines. Reste que cet acteur aura plutôt tendance à choisir des clients relativement fortunés, ce afin de pouvoir se rémunérer.