Philippe Lequeux-Sauvage: «L'assurance-vie est un moyen de se constituer une épargne sécurisée sur le long terme.»

INTERVIEW L'assurance-vie fait figure de placement préféré des Français. Retour sur ses avantages avec Philippe Lequeux- Sauvage, délégué de la Fédération française des sociétés d'assurance...

Propos recueillis par Hélène Duvigneau
— 
Illustration épargne
Illustration épargne — no credit

Avec 1300 milliards d’euros d’encours, l’assurance-vie permet de faire fructifier son capital tout en bénéficiant d’avantages fiscaux à la sortie. Si le montant des collectes tend à baisser, elle reste néanmoins un outil d’épargne intéressant pour la retraite.

Pourquoi les Français font-ils confiance à l’assurance-vie? 

L'assurance-vie est une part essentielle de l’épargne liquide des Français qui continuent à investir massivement, même si on assiste depuis quelques mois à un tassement de la collecte nette. Les contrats d’assurance-vie sont des produits qui permettent d’épargner tout en gardant la totale disposition de ses fonds. Ce n’est pas le cas du Perp, même si la dernière loi prévoit une sortie en capital plafonnée à 20% de la valeur de rachat du contrat.

L’assurance-vie est aussi un moyen de se constituer une épargne longue totalement sécurisée. La fiscalité reste avantageuse puisqu’au-delà de huit ans, elle ne prévoit qu’un taux de prélèvement libératoire de 7,5 % sur les intérêts des sommes que vous avez placées. Elle permet enfin de transmettre son capital hors droits de successions à des personnes avec lesquelles vous n’avez pas de lien direct de filiation. Aujourd’hui, le montant de transmission hors droits de succession s’élève à 152 000€. 

Certains avantages ne vont-ils pas disparaître avec la prochaine réforme de la fiscalité du patrimoine ? Depuis l’an dernier, les prélèvements au taux de 12,1% s’exercent déjà tous les ans sur les contrats dits multi-supports, ce qui n’était pas le cas avant. Il est vrai que le gouvernement semble aujourd’hui vouloir toucher à la fiscalité des intérêts de l’assurance-vie, mais nous avons répondu, à la FFSA qu’augmenter de 1% le taux de prélèvement forfaitaire libératoire sur un contrat d’assurance-vie ne rapporterait que 30 millions d’euros à l’Etat, ce qui est faible. De plus, une telle mesure risquerait d’entamer la confiance qu’ont les gens dans l’assurance-vie.

Pouvez-vous expliquer la nature de ces contrats d’assurance-vie ?  

Aujourd’hui, la majorité des contrats sont multi-supports, c’est-à-dire que vous avez à la fois au sein d’un même contrat des fonds en actions et des supports garantis, qu’on appelle aussi des fonds en euros, derrière lesquels se trouvent essentiellement des obligations. Pour les fonds en euros, votre argent stocké est comptabilisé en euros, ce qui donne lieu à un effet cliquet c’est-à-dire que les intérêts que vous gagnez sur un an sont garantis et viennent s’accumuler. Si vous avez versé par exemple 100 euros au 1er janvier, et si au 31décembre il y a eu 4 euros d’intérêts, vous partirez sur une base de 104 euros au 1er janvier suivant. A côté de cela, vous pouvez avoir des fonds avec des actions européennes, françaises ou internationales, de l’immobilier, des fonds monétaires. Mais dans ce cas, il n’y a aucune garantie. Même avec la baisse des taux obligataires que l’on connaît aujourd’hui, nous avions encore un rendement de 3,5% l’an dernier sur les fonds garantis. Donc même si l’inflation est à 2, on a encore un solde positif. Ce qui serait plus ennuyeux serait un redécollage de l’inflation.

Quel est le droit de regard du souscripteur sur les fonds investis au travers de son contrat d’assurance-vie ?

Quand on a souscrit à un contrat multi-support on a la possibilité d’arbitrer, c’est-à-dire de passer d’un fonds garanti vers un fonds actions ou l’inverse. Ce sont des règles contractuelles. En fonction des contrats, les arbitrages peuvent être ou non gratuits. Mais les multi-supports ne sont pas des produits de boursicotage. Ils ne sont pas faits pour arbitrer toutes les semaines !

En quoi l’assurance-vie est-elle intéressante pour la retraite ? 

L’assurance-vie est un outil qui permet d’épargner. Elle peut être utilisée pour la retraite mais vous pouvez en faire ce que vous voulez. Quand vous êtes à la retraite, vous pouvez transformer votre contrat en rente, mais très peu de gens le font, ou bien faire des retraits partiels. Les retraités s’en servent généralement comme d’une grosse tirelire mais l’argent continue à travailler. L’intérêt par rapport au Perp, c’est la totale liberté d’utilisation.