Luxe: au salon de Bâle, les horlogers font preuve d'optimisme malgré les incertitudes

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Les horlogers et bijoutiers réunis depuis mercredi à Bâle pour le salon international Baselworld se veulent optimistes, même si l'année 2011 sera marquée par les incertitudes de la crise dans les pays arabes et les conséquences du séisme au Japon.

Quelque 1.892 exposants du secteur de l'horlogerie et de la bijouterie en provenance de 45 pays ont répondu à l'appel du plus grand salon du secteur qui ouvre jeudi ses portes au public à Bâle (nord) pour huit jours.

Les plus grands noms de l'horlogerie comme Rolex, Dior, Hublot, Blancpain et Chopard y côtoient des marques moins connues comme G-Shock (Casio), dont les montres extrêmement solides peuvent résister à des coups de marteau, ou l'horloger russe Petrodvorets, lancé en 1946.

Après une édition 2010 touchée par la crise de l'année précédente, le rendez-vous de cette année est marqué par un solide optimisme, soutenu par des résultats en forte hausse dans le secteur.

La Suisse, plus important exportateur de montres au monde, a ainsi réalisé en février une progression de 17,8% à 1,4 milliard de francs suisses (1,1 milliard d'euros) de ses ventes à l'international.

Le retour "à une bonne santé s'est confirmé tout au long de l'an dernier et gageons que l'année 2011 connaîtra ces mêmes notes positives", a estimé la directrice de Baselworld, Sylvie Ritter, lors d'une conférence de presse.

"La baisse d'activité dans l'industrie du luxe a été surmontée, rendant les prévisions pour l'année en cours (...) très optimistes", ont précisé les organisateurs du salon dans un communiqué.

Ce rebond se reflète dans les chiffres du secteur. Le numéro un mondial de l'horlogerie, le suisse Swatch, a dégagé en 2010 un bénéfice net en hausse de 41,5% à 1,1 milliard de francs suisses et son concurrent, le français LVMH, a dépassé pour la première fois la barre des 3 milliards d'euros de profits en 2010.

Le tableau est cependant noirci par les soulèvements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ainsi que par le séisme suivi d'un tsunami au Japon.

Même s'il n'y a pas eu de désistement de participants de ces régions, le président du comité des exposants, Jacques Duchêne, a estimé que ces événements pourraient provoquer des "difficultés" et des "incertitudes".

Selon les analystes de la banque Vontobel, le Japon est l'un des pays les plus importants pour le secteur du luxe, avec une part de marché mondiale d'environ 11%.

"Du point de vue de la consommation de produits de luxe, le Japon est un pays extrêmement important et on attend des modifications, espérons-le que passagères", a précisé Mme Ritter.

Les exposants se veulent également optimistes. Le directeur du groupe japonais Casio, Hiroshi Nakamura, a ainsi indiqué ne pas faire face à des difficultés particulières après le séisme suivi d'un tsunami qui a ravagé le 11 mars le Japon et sérieusement endommagé des installations nucléaires.

"Nos bureaux et nos sites de production n'ont pas subi de dommage notable", a-t-il affirmé.

Faisant fi des difficultés qui planent sur le secteur, les horlogers ont renoué cette année avec des modèles plus brillants et prestigieux.

Ainsi chez Dior, les montres se veulent un prolongement des créations de haute couture de la maison parisienne, avec une toute nouvelle gamme "Dior VIII" dont certains modèles sont vendus en série très limitée et dont les prix peuvent atteindre 110.000 euros.