Vladimir Poutine assure les Serbes que South Stream ira de l'avant

© 2011 AFP

— 

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a assuré ses interlocuteurs serbes, mercredi à Belgrade, que le projet de gazoduc South Stream devant passer par la Serbie irait de l'avant, avec une entrée en service "dans les prochaines années".

"J'ai reçu des assurances de la part de M. Poutine que le projet South Stream serait réalisé dans les prochaines années", a déclaré le président serbe, Boris Tadic, devant la presse.

Le responsable serbe venait de s'entretenir avec le Premier ministre russe, qui a effectué mercredi une visite de travail de quelques heures à Belgrade, axée autour du projet South Stream et entourée d'importantes mesures de sécurité. Quatre mille policiers avaient été mobilisés pour l'occasion.

South Stream, soutenu par le géant gazier russe Gazprom, doit alimenter en gaz russe l'Europe occidentale, notamment la Grèce et l'Italie, via la mer Noire et les Balkans.

Southstream fait concurrence au projet Nabucco, qui a la préférence des Européens. Il doit livrer le gaz de la Caspienne et du Caucase à l'Europe occidentale en passant par la Turquie et les Balkans, à partir de 2014-2015, en évitant la Russie.

Un responsable de Gazprom, Léonide Tchougounov, cité par l'agence Beta, a précisé que la construction en Serbie de South Stream débuterait en 2013 et que le gazoduc entrerait en service en décembre 2015.

Dans un communiqué de Gazprom, un responsable du projet South Stream, Marcel Kramer, a assuré que la construction du gazoduc devrait permettre à la Serbie d'engranger des taxes de passage de 4 milliards d'euros sur 25 ans. Sa construction devrait aussi permettre d'attirer pour 1,5 md d'investissements directs.

La Serbie avait convenu avec la Russie de voir South Stream transiter par son territoire dès la fin de 2008, à l'occasion de la signature d'un important accord énergétique entre Belgrade et Moscou.

M. Poutine a voulu par sa visite rassurer ses interlocuteurs serbes sur la détermination de la Russie de mener ce projet à son terme.

En Slovénie, un accord bilatéral a été signé mardi à l'occasion de la visite de M. Poutine entre Gazprom et l'opérateur slovène Geoplin pour préparer la construction de South Stream en Slovénie.

MM. Tadic et Poutine ont passé aussi en revue les possibilités de développement des investissements russes en Serbie, notamment dans le domaine de la production d'électricité.

Huit cents millions de dollars de prêt pourront d'autre part être affectés à la réalisation de différents projets, encore en cours de finalisation, principalement dans le domaine des transports ferroviaires, ont indiqué également MM. Poutine et Tadic.

Sur le plan politique, le Premier ministre russe a réaffirmé de façon appuyée le soutien du Kremlin à la Serbie au sujet du Kosovo.

"La Russie a été et restera l'allié le plus proche de la Serbie. Nous ne pouvons imaginer qu'il en soit autrement", a déclaré M. Poutine. Le Premier ministre russe a également exprimé son soutien au dialogue engagé entre Belgrade et Pristina, destiné à résoudre les questions pratiques issues de la proclamation d'indépendance par les autorités kosovares albanaises.

Le Kosovo a proclamé son indépendance de la Serbie en février 2008, que Belgrade ne reconnaît pas. Moscou est sur ce dossier son principal allié dans les arènes internationales.

Interrogé enfin sur les frappes aériennes contre la Libye, M. Poutine a exprimé son "inquiétude" devant les "souffrances des civils".

"Comment peut-on avoir recours à des mesures qui contribuent aux souffrances des civils en ayant pour objectif la protection de la population civile?, s'est interrogé le Premier ministre russe. "Cela ne peut que susciter l'inquiétude".

M. Poutine a déploré enfin la "légèreté" qui a prévalu "ces dernières années" dans les décisions d'avoir "recours à l'usage de la force dans les questions internationales".