Portugal, Libye, sécurité nucléaire... Les questions d'urgence éclipsent la lutte contre la crise de la dette au menu du Conseil européen

EUROPE Vingt-sept dirigeants européens sont réunis à Bruxelles jeudi et vendredi...

Thibaut Schepman

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Les drapeaux européens flottent devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles, le 11 août 2010.
Les drapeaux européens flottent devant le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles, le 11 août 2010. — BAUMGARTEN/VARIO IMAGES/SIPA

Ce devait être le sommet de toutes les décisions. Après une dizaine de réunions en moins d’un an, et de très intenses négociations, les 27 dirigeants européens avaient décidé de se réunir jeudi et vendredi pour statuer sur les différentes pistes de réponse globale à la crise de la zone euro, alors que les tensions sont toujours grandes.

Sauf que plusieurs sujets d'urgence se sont invités au menu du Conseil – la crise portugaise, l'’intervention européenne en Libye et la sécurité nucléaire - repoussant les décisions sur la crise de la dette. Angela Merkel compte d'abord proposer des contrôles communs des installations nucléaires en Europe, à la suite de la catastrophe japonaise. Les Etats devront se mettre d’accord sur les critères de ces tests, et sur le sort des centrales qui ne respecteraient pas les critères. Nicolas Sarkozy a également annoncé qu’il ferait un point sur l’intervention militaire en Libye, notamment sur la question du pilotage des opérations et du rôle à jouer par l’Otan. Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient enfin évoquer la crise portugaise, qui a conduit hier le premier ministre à démissionner, et pourrait amener le pays à recourir à son tour au fonds de secours de l'Union européenne.

«Manifestation monstre» à Bruxelles

Du coup, la décision de modifier ou non les traités européens pour créer un mécanisme européen permanent de stabilité n’aura lieu qu’en juin, peut-on déjà lire dans le projet de conclusions du sommet européen, dont Reuters a obtenu une copie mardi. De même pour la décision de porter à 440 milliards d'euros la capacité effective de prêt du Fonds européen de stabilité financière (le fonds d’urgence, actuellement utilisé pour aider l’Irlande et la Grèce, et qui doit être remplacé en 2013 par le mécanisme permanent de stabilité financière (MESF)).

Le pacte de compétitivité pour l’euro devrait lui bien être étudié, les Vingt-Sept espérant entériner définitivement ce texte. Plusieurs syndicats européens ont d’ailleurs prévus de manifester contre ce projet, qui prévoit des mesures d’austérité contre les déficits. Le journal belge Le Soir annonce même «une manifestation monstre» pour la journée de jeudi.