Économie

Aides américaines à Boeing: l'OMC rend public son rapport final le 31 mars

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) rendra public le 31 mars son rapport final sur des décennies d'aides américaines au constructeur américain Boeing, jugées illégales par l'avionneur européen Airbus, a-t-on appris mercredi de sources européennes.

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) rendra public le 31 mars son rapport final sur des décennies d'aides américaines au constructeur américain Boeing, jugées illégales par l'avionneur européen Airbus, a-t-on appris mercredi de sources européennes.

Le rapport avait été envoyé fin janvier aux différentes parties mais selon les règles de l'OMC, il devait rester confidentiel le temps qu'il soit traduit dans les trois langues officielles (anglais, espagnol, français) de l'organisation basée à Genève.

Le 31 janvier, les deux avionneurs avaient chacun affirmé que ce rapport lui donnait raison.

Il s'agit du second volet d'un dossier opposant les deux constructeurs. Ce litige est le plus lourd jamais porté devant l'OMC, en 2004. Le premier jugement avait été rendu public en juin 2010 et condamnait certaines aides européennes à Airbus, filiale d'EADS.

L'UE estime à 24 milliards de dollars les subventions américaines déguisées à son grand concurrent. Elles ont entraîné, selon Airbus, un préjudice commercial de 45 milliards entre 2000 et 2005.

Les Etats-Unis ont chiffré de leur côté à plus de 200 milliards de dollars le préjudice subi en raison des aides européennes à Airbus. Chiffre que Bruxelles dément.

Selon les spécialistes du secteur, le verdict de l'OMC risque de renvoyer Airbus et Boeing dos à dos, condamnant certaines subventions américaines après avoir jugé illégale une série de subventions des Européens, comme le gendarme du commerce international l'avait fait en 2003 dans l'affaire opposant le brésilien Embraer au canadien Bombardier.

Européens et Américains ayant fait appel du premier verdict sur les subventions européennes, les spécialistes du secteur s'attendent à ce que les parties fassent de même pour la deuxième manche de cette bataille. Ce qui leur permettrait de gagner du temps et de continuer à soutenir leur industrie.