L'Italie veut se protéger des OPA françaises

ECONOMIE Le gouvernement veut limiter les rachats de sociétés par des groupes étrangers...

Elsa Meyer

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T. GENTLE/ REUTERS

L’Italie a bien l’intention de protéger ses fleurons industriels. Le gouvernement a adopté ce mercredi en conseil des ministres un texte pour limiter les rachats de sociétés italiennes par des groupes étrangers.

Les secteurs stratégiques concernés sont l'alimentation, les télécommunications, l'énergie et la défense.

La France visée

Demandée la semaine dernière par le ministre de l'Economie Giulio Tremonti, la mesure vise directement la France.

Car entre le rachat de Bulgari par LVMH, la tentative d'OPA de Lactalis sur Parmalat, et les manœuvres autour du deuxième groupe énergétique Edison, le gouvernement italien veut éviter que toutes ses entreprises ne passent sous pavillon tricolore.

Bouclier anti-OPA

Le dispositif  sera fondé sur un principe de réciprocité: les sociétés ciblées pourront recourir aux mêmes moyens de défense que ceux autorisés dans le pays de l'acquéreur, a précisé une source gouvernementale à Reuters.  

Selon les médias italiens, les investisseurs étrangers qui désirent acquérir des groupes italiens devront aussi obtenir le feu vert du gouvernement 60 jours à l'avance. La Consob, le régulateur italien des marchés, aura enfin le pouvoir de demander des précisions en cas d'offre potentiellement hostile, tout comme son équivalent français, l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Patriotisme «à la française»

Car ce bouclier anti-OPA étrangères n’a rien à envier au patriotisme économique «à la française».

En 2005, alors que les rumeurs vont bon train autour d’un rachat de Pepscio sur Danone, le gouvernement publie un décret qui oblige Bercy à donner son accord lors de prises de contrôle par des groupes étrangers d’entreprises françaises dans des secteurs stratégiques, comme les casinos ou l’armement.

>>  Les grandes manœuvres de la France pour empêche le rachat de ses fleurons industriels, lire l’article de 20minutes.fr

Pour éviter de futures objections de la part de la Commission européenne, l’Italie a d’ailleurs insisté sur le fait que son dispositif s’inspirait largement de son voisin transalpin.