Les Français et les prix de l'énergie: Ceux que la hausse handicape au quotidien

TÉMOIGNAGES 'énergie prend de plus en plus de place dans leur budgets...

Thibaut Schepman

— 

Un compteur à gaz et une facture en juin 2010.
Un compteur à gaz et une facture en juin 2010. — DURAND FLORENCE/SIPA

Pétrole, gaz et même électricité. Les prix de l’énergie flambent, et grèvent les budgets de chacun. 20minutes.fr vous livre les témoignages de Français frappés par cette hausse, pour comprendre comment elle les touche. Quatrième et dernier volet de la série, avec ceux qui souffrent le plus de la hausse des prix, parce que cette dépense contrainte prend une place de plus en plus grande dans leur budget.

Frédérique, Annay sous Lens, 37 ans: «Si les prix augmentent, je vais le sentir immédiatement»
Manutentionnaire, femme de ménage, travaux saisonniers… Frédérique a toujours enchaîné les petits boulots. Mais depuis deux ans, plus rien. «Je suis à la recherche d’un emploi», explique-t-elle. Elle vit avec le RSA, soit un peu plus de 500 euros par mois, aides au logement et allocations familiales comprise.Dans son budget, le prix de l’énergie a pris de plus en plus de place. «Je dépensais 30 euros par mois en tout il y a encore trois ou quatre ans. Aujourd’hui, j’ai une facture de 60 euros rien que pour le gaz.» En y ajoutant son loyer, et ses autres frais, il ne reste que «30 euros par semaine pour vivre». Pour manger, elle reçoit l’aide du Secours populaire trois fois par semaine. L’association lui fournit aussi des vêtements, et propose des sorties en famille plusieurs fois dans l’année.

Impossible pour elle de faire plus de restrictions: «Je ne chauffe mon logement que quand ma petite fille se lève et quand elle rentre de l’école.» Frédérique craint donc beaucoup les hausses annoncées des prix de l’énergie. «Si le prix du gaz et de l’électricité augmente, je vais le sentir immédiatement. Je vais me retrouver sans rien au mois une semaine chaque mois. Comment je vais faire?»

>> Retrouvez ici le premier volet de la série, avec les témoignages de salariés qui covoiturent pour travailler. 

>> Pêcheurs, moniteurs d’auto-école et infirmières à domicile… A lire ici le deuxième volet de la série, sur les professions menacées par la hausse des prix 

Catherine, Paris (13e), 54 ans: «J’ai déjà passé l’hiver dans le froid»
Catherine vit seule dans un trois pièces  du 13e arrondissement de Paris. Un logement «très agréable», qu’elle «aime beaucoup», mais mal isolé.  De quoi plomber ses revenus, essentiellement composés du RSA socle. Ses factures ont atteint l’hiver dernier jusqu’à un quart de ses revenus.

«Heureusement, j’ai bénéficié des tarifs sociaux pour réduire une partie de ma facture», détaille-t-elle. «Mais j’ai dû passer l’hiver dans le froid.» Pour ne pas utiliser sa coûteuse installation au gaz, elle a installé un chauffage électrique «juste pour sa chambre». Mais celui-ci est très énergivore, et les prix de l’électricité sont aussi en hausse, ce qui l’incite à ne l’utiliser «qu’en cas d’urgence». Catherine assure «avoir perdu l’habitude d’allumer la lumière dans le couloir», et ne se déplacer que dans le noir. Elle aussi craint la hausse prochaine des prix. «Je cherche à déménager, pour trouver un logement peut-être plus petit et mieux isolé», espère-t-elle. «Mais je dois à tout prix rester à Paris, parce que je n’ai ni les moyens ni la santé pour me déplacer en voiture.»

>> Huile dans le réservoir, comparateurs de prix… Le troisième volet de la série, sur ceux qui ont recours au système D contre la hausse des prix