Dette: les Européens finalisent leur dispositif anti-crise

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Les Européens vont apporter la dernière touche au cours des prochains jours au renforcement de leur dispositif de défense face aux crises de la dette, sous le menace du Portugal qui tangue à nouveau après la Grèce et l'Irlande.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne se réuniront dans ce but en sommet jeudi et vendredi à Bruxelles.

Outre les discussions sur le Japon et la Libye, la réunion sera largement consacrée à finaliser l'arsenal de défense de l'euro, à l'issue de plusieurs mois de négociations.

Le programme est chargé : il faut renforcer le Fonds de soutien temporaire prévu pour les pays en difficulté, sceller un accord sur un changement du traité européen pour autoriser la création du mécanisme permanent appelé à lui succéder en 2013, définir les contours précis de ce dispositif, durcir la discipline budgétaire et la compétitivité des pays européens.

Les dirigeants de la seule zone euro ont déjà nettement progressé lors d'une réunion le 11 mars.

Il a été décidé d'augmenter à 440 milliards d'euros la capacité de prêt effective de leur Fonds de secours (contre 250 milliards environ actuellement), ainsi que de doter de 500 milliards d'euros le mécanisme permanent.

Ils ont aussi décidé d'élargir la palette d'outils des deux dispositifs d'aide, en leur permettant d'acheter directement de la dette publique émise par les Etats en difficulté.

La zone euro a aussi fait un geste à l'égard de la Grèce, en réduisant de 5,2% en moyenne à 4,2% le taux d'intérêt des prêts européens accordés l'an dernier à Athènes, et en allongeant de trois ans à sept ans et demi les délais de remboursement du pays.

Enfin, les capitales ont adopté un "pacte pour l'euro" où elles s'engagent à réformer leurs économies, à limiter leur dette publique et à pratiquer la modération salariale.

Les syndicats européens crient déjà à la casse de "l'Europe sociale" et ont prévu de manifester jeudi au premier du jour du sommet, où toutes ces mesures seront entérinées.

Avant cela, lundi, les ministres européens des Finances devront régler les derniers détails en suspens lors d'une réunion exceptionnelle.

Il leur reste à gommer des divergences sur les moyens choisis pour augmenter la capacité du Fonds, sans doute au travers d'une hausse des garanties apportées par les différents Etats.

Le temps presse. Car après une période d'accalmie dans la zone euro, le Portugal, depuis longtemps considéré comme le prochain candidat à un plan d'aide international, est en position difficile.

L'agence de notation financière Moody's a abaissé cette semaine sa note de solvabilité, relançant l'inquiétude des marchés.

Le pays est en outre plongé dans une crise politique qui pourrait déboucher sur des élections anticipées, remettant en cause les efforts du gouvernement pour redresser les comptes publics et éviter l'aide extérieure.

Le Premier ministre José Socrates a présenté le 11 mars des mesures de rigueur supplémentaires, mais elles ont été rejetées par l'opposition. Il a l'intention de soumettre son programme au parlement juste avant le sommet de l'UE, mercredi selon des informations de presse.

En cas de rejet, il a averti qu'il démissionnerait. Il a aussi prévenu qu'une crise politique imposerait le recours à un plan de sauvetage.

Un autre dossier épineux reste ouvert : l'Irlande.

Dublin, qui veut voir assouplies les conditions du plan d'aide qui lui a été octroyé, à l'instar de la Grèce, peine à obtenir gain de cause. Ses partenaires refusent pour le moment car l'Irlande s'oppose à toute augmentation de sa fiscalité sur les sociétés.