Japon, Moyen-Orient: au Mondial du tourisme, on cherche avant tout à rassurer

© 2011 AFP

— 

Rassurer les nombreux visiteurs du salon pour mieux les inciter à partir, c'est le seul mot d'ordre des voyagistes et offices du tourisme réunis en salon à Paris, dans un secteur très touché par le séisme au Japon et l'instabilité politique au Moyen Orient.

"Une grande partie de la clientèle est tétanisée", depuis les catastrophes en chaîne au Japon, témoigne Valérie Graves, PDG du tour opérateur Circuits et Compagnie, présente au Mondial du Tourisme qui se tient à Paris.

Alors que la haute saison touristique pour le Japon débute normalement en mars, l'élan est brisé: tous les voyagistes ont suspendus cette destination jusqu'au 31 mars.

L'Archipel a annulé sa présence au salon, remplacée par un mur sur lequel les visiteurs ont écrit des messages de soutien aux Japonais dans toutes les langues. "On prie pour vous", "bon courage", pouvait-on lire.

Même si la situation s'améliore, il n'est pas sûr que les clients reviennent rapidement. "Le Japon est une destination unique", explique à l'AFP Jean-Paul Chantraine, PDG d'Asia, il est donc "difficile de trouver des alternatives".

Mais pour Mme Graves, "en discutant avec les gens, en leur expliquant et en les rassurant, on peut leur proposer des destinations de rechange comme la Mongolie ou la Thaïlande".

Dans ce cas, il faut "des destinations à forte personnalité", abonde M. Chantraine, qui cite encore le Vietnam, la Chine, l'Indonésie ou l'Inde.

Depuis les catastrophes au Japon, les réservations en Asie et ailleurs "ont baissé d'un tiers", assure Mme Graves.

Il n'y a "pas de conséquence pour nous", tempère Anthony Mahé du voyagiste nantais Asie-online.com, pour qui le Japon reste une destination marginale.

"Nous veillons avant tout à éviter l'amalgame" entre ce qui se passe dans le nord du Japon et les autres places touristiques du continent, poursuit-il.

Même s'ils ne font plus la Une de l'actualité, les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, théâtre de soulèvements populaires, tâchent eux aussi de rassurer les clients potentiels, à l'exception de l'Egypte, elle aussi, comme le Japon, absente cette année.

La Tunisie, dont le ministre du Tourisme Mehdi Houas, parlait d'année "désastreuse", tente tant bien que mal de convaincre que la révolution du Jasmin n'est pas un problème pour le tourisme.

"On organise des voyages avec la presse, avec les décideurs", explique Mohamed Toumi, de l'office du tourisme tunisien, qui parle de reprise "nette".

Pourtant, l'immmense stand tunisien apparaissait déserté jeudi matin et les chiffres ne sont guère encourageants: en février, les tours-opérateurs français ont enregistré une chute de l'activité de 74,3% sur la Tunisie.

Les autres pays de la région, tout en s'en défendant, espèrent néanmoins gagner des parts de marché.

Premier message, la sécurité: le pays est "sûr", assure Ahmad Al-Hadid, de l'office jordanien, expliquant qu'il n'y a eu que "quelques manifestations pacifiques" à Amman. "La vie est très normale en Syrie", renchérit-on sur le stand de la Syrie.

Les deux pays, qui restent des destinations "culturelles" et "de niche", selon leurs représentants, tentent aujourd'hui de se positionner également comme des destinations familiales.

Dubaï, également, tente de gommer son image de ville du luxe pour devenir une destination idéale pour les enfants, grâce à des infrastuctures de loisirs très développées et des prix devenus plus accessibles.

Jean-Marc Rozé, secrétaire général du syndicat national des agents de voyages (Snav) comprend que les bouleversements géopolitiques et les catastrophes "ne contribuent pas au moral des Français qui souhaiteraient partir en vacances. Or, pour retrouver le moral, il faut au contraire partir, se dépayser".