Les Français et la hausse des prix des carburants: Ceux qui ont recours au «système D»

ÉCONOMIE es astuces de trois automobilistes pour lutter contre l'augmentation des tarifs à la pompe...

Thibaut Schepman

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Huile de friture comme carburant pour les vehicules. Roule  ma frite est une association qui recycle l'huile vegetale recuperee  aupres des restaurateurs  et la revend comme carburant a ses adherents.  Chanteloup les vignes, le 13 avril 2009.
Huile de friture comme carburant pour les vehicules. Roule ma frite est une association qui recycle l'huile vegetale recuperee aupres des restaurateurs et la revend comme carburant a ses adherents. Chanteloup les vignes, le 13 avril 2009. — VALINCO/SIPA

Pétrole, gaz et même électricité. Les prix de l’énergie flambent, et grèvent les budgets de chacun. Des Français frappés par cette hausse témoignent sur 20minutes.fr, pour comprendre comment elle les touche et comment ils s’organisent. Troisième volet, avec les automobilistes qui ont recours «au système D».

Françoise, 36 ans, demandeuse d’emploi à St Brieuc: «Je compare les prix sur internet»
Dès que son réservoir est aux trois quarts vide, Françoise jette désormais un œil sur Zagaz.com, un comparateur de prix  auquel elle est inscrite depuis dix jours. «J’essaye de voir s’il vaut mieux faire un plein dès mon trajet du lendemain, ou s’il vaut mieux attendre quelques jours  de passer près d’une station moins chère et proche d’une prochaine destination», détaille-t-elle.«Je raisonne différemment mes déplacements». Avec ces petits arbitrages, elle espère économiser «une dizaine d’euros par mois», sur une facture de 130 euros en moyenne. Surtout, elle aime «l’esprit de coopération» qui la pousse à relever sur le petit carnet de son tableau de bord, les prix dans les stations essence qu’elle croise lors de ses trajets. Et à les reporter en rentrant chez elle sur le site de Zagaz.com. «Maintenant j’agis, je suis actrice et non plus victime de la hausse des prix», se félicite-t-elle. Et elle n’est pas la seule. Chez Zagaz.com, on assure que l’audience et le nombre d’inscriptions ont augmenté 200% à 300% plus vite qu’à l’accoutumée depuis deux mois.

>> Retrouvez ici le premier volet de la série, avec les témoignages de salariés qui covoiturent pour travailler 

Jean-Christophe, 28 ans, ingénieur informaticien: «Je roule avec 50% d’huile végétale  et 50% de gazole»
Il y a six mois, Jean-Christophe a changé de véhicule. Fatigué «des hausses des prix des carburants», et «soucieux de polluer moins», il a choisi un véhicule compatible avec l’utilisation d’huile végétale comme carburant. Une 405 turbo diesel: «On a l’impression qu’elle est faite pour ça.» L’ingénieur informaticien a peu de connaissances mécaniques, mais a bricolé son moteur et dépensé 450 euros pour améliorer ses performances.

Depuis, il roule avec «50% d’huile végétale et 50% de gazole». En six mois, Jean-Christophe a consommé 700 l d’huile, à 75 centimes le litre. Soit une économie de 650 euros. S’il se réjouit d’«être déjà rentré dans ses frais», il assure que «ce n’est pas l’aspect financier qui prime». «Ce sont surtout les flambées de tarifs brusques qui m’ont fait réfléchir. J’estime qu’elles ne sont pas justifiées et j’essaye donc au maximum d’être indépendant face aux sociétés qui vendent le carburant aussi cher», assure-t-il. Aujourd’hui, il passe plus d’une heure et demie par semaine à collecter l’huile chez les agriculteurs ou dans les restaurants autour de chez lui. «Pour moi, ce n’est que du bonheur. Même si c’est contraignant et illégal, j’ai trouvé un moyen d’utiliser du carburant propre et qui correspond à mes idéaux.» L’ingénieur assure qu’il continuera désormais à utiliser ce carburant, «quitte à payer des amendes».

>> A lire ici le deuxième volet de la série, sur les professions menacées par la hausse des prix 

Carole, 45 ans, ambulancière à Liévin: «J’ai changé de conduite»
«Un investissement.» C’est ainsi que Carole considère les trois heures de formation à la conduite économique qu’elle a réalisées en juin dernier à Liévin, avant la récente flambée des prix.  Huit mois plus tard, Carole assure avoir rentabilisé les 60 euros investis pour être formée, même si elle ne roule «que 50 à 100 km par semaine». «J’ai changé de conduite, je suis beaucoup moins brusque. Aujourd’hui, j’essaye de ralentir avant les feux, les ronds points et les obstacles visibles de loin plutôt que de freiner d’un coup», détaille-t-elle. Selon Laurent Wallet, le gérant de son école, basée à Liévin, «la formation permet d’économiser 10 à 15% de carburant». Et de réduire les accidents. «Dans les entreprises de transports que nous avons formées, les accidents ont diminué de 2% en moyenne», assure-t-il.