Discrimination au travail: vers un allongement du congé paternité?

Julie Rasplus

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Photo d'illustration d'un père et son enfant
Photo d'illustration d'un père et son enfant — ISOPIX/SIPA

Le congé paternité va-t-il passer de 11 jours à deux voire trois mois? L'idée fait en tout cas son chemin en France. Début mars, le ministre du Travail Xavier Bertrand a laissé la porte ouverte à la proposition de Laurence Parisot qui s'est dit favorable à l'allongement du congé paternité.

Pour la patronne du Medef, cela «permettrait de rétablir un regard plus égalitaire sur les jeunes parents» et de lutter contre les discriminations au travail, souvent dues à la grossesse des salariées et à leur départ en congé maternité. 

Un même handicap 

L'avis est partagé par Nicolas Sauvage, avocat spécialiste en droit social et associé chez Reedsmith. «Pour éviter et lutter contre les discriminations qui touchent les femmes, il faut donner un «handicap» similaire aux hommes», martèle-t-il. L'avocat plaide ainsi pour un congé paternité obligatoire qui serait «de même durée que celui de la femme» et viendrait s'y ajouter. «Les deux congés ne pourraient se superposer que pendant deux semaines, histoire de passer le relais tranquillement», précise-t-il. Si le père ne le prend pas, le congé serait perdu. 

L'idée a été relancée lors de la dernière journée internationale de la femme par la CFDT Cadres. Quelques différences apparaissent quant à sa durée: deux mois pour le syndicat, «avec une prise en charge minimum de 80% de salaire»; près de trois pour Nicolas Sauvage qui ne voit «aucune raison» à ce que les deux congés «soient différents». 

Pour tous, il s'agit surtout de changer le regard sur la «parentalité», afin que celle-ci n'incombe pas seulement aux femmes dans l'esprit des entreprises. En instaurant un tel congé, «les hommes et les femmes seraient remis au même niveau», assure Nicolas Sauvage. «Le recruteur ne regarderait plus le sexe pour départager des futurs employés mais leurs véritables capacités». Enfin.