Renault: Carlos Ghosn refuse la démission du numéro 2, Patrick Pelata

ESPIONNAGE Ils renoncent tous les deux à leur bonus pour 2011...

Elsa Meyer

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Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan en avril 2010 à Bruxelles.
Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan en avril 2010 à Bruxelles. — MEIGNEUX/SIPA

Personne ne bouge. L’affaire d’espionnage industriel, devenue semble-t-il une gigantesque escroquerie, ne fera pas tomber les têtes chez Renault.

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«Je me suis trompé, nous nous sommes trompés mais d'après les conclusions du procureur de la République nous avons été trompés», a expliqué le PDG du groupe, Carlos Ghosn, interrogé au journal de 20 heures de TF1.

Aucune démission

Pour autant, le patron de Renault a refusé la démission du numéro 2, Patrick Pelata, lundi à l’issue d’un conseil d’administration extraordinaire. Ce dernier avait pourtant indiqué fin février qu'il démissionnerait si l'erreur du constructeur était avérée. 

«Je ne voulais pas rajouter une crise à la crise», a-t-il justifié. Questionné sur sa propre démission, Carlos Ghosn a estimé qu'elle ne s'était pas posée car «le conseil d'administration avait approuvé à l'unanimité son plan d'action». Renault va ainsi auditer l'ensemble de ses systèmes de protection pour éviter qu'une telle affaire ne se reproduise.

Le PDG de Renault et Patrick Pelata ont cependant l’intention de prendre leurs responsabilités d’une autre manière: ils renoncent à la part variable de leur rémunération au titre de l'exercice 2011 ainsi qu’à tout bénéfice de stock-options. «Je vais rembourser 1,6 millions d'euros de bonus acquis au titre de 2011», a assuré Carlos Ghosn.

La direction de la protection sanctionnée

Renault va en revanche engager des procédures disciplinaires contre les trois membres de la direction de la protection du groupe. De nombreuses suspicions pèsent sur l'enquête interne menée par le comité de sécurité du constructeur. L’un de ses responsables, Dominique Gevrey, a d'ailleurs été mis en examen dimanche pour «escroquerie en bande organisée» et placé en détention.

Quant aux trois cadres injustement accusés d'espionnage industriel et licenciés pour faute lourde, Renault  va proposer leur réintégration et/ou une indemnisation. Carlos Ghosn leur a nouvelle fois présentés des excuses.