Affaire Renault: L'étau se resserre sur un membre du comité de sécurité

ÉCONOMIE l est à l'origine de l'éviction des trois cadres mais les preuves qu'il a avancées sont «fausses ou erronées» selon le parquet...

Thibaut Schepman

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Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011.
Le siege de Renault a Boulogne Billancourt. Boulogne Billancourt, Le 3 janvier 2011. — DURAND FLORENCE/SIPA

«Nous nous orientons vers une possible escroquerie aux renseignements».  Le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin a confirmé lundi lors d’une conférence de presse que l’enquête a «changé complètement de cadre», privilégiant désormais la thèse d’une escroquerie dont serait victime Renault.

C’est bien le comité de sécurité de la firme qui est visé aujourd’hui, et en particulier l’un de ses membres, Dominique Gevrey, qui a été mis en examen dimanche et placé en détention pour «escroquerie en bande organisée».

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Pas de comptes à l’étranger

Après une lettre anonyme envoyée en août dernier à la direction de Renault, cet ancien membre des renseignements français avait été chargé par la firme au losange d’enquêter sur une possible tentative d’espionnage. Il avait ensuite assuré à la direction avoir découvert, «grâce à une source» l’existence de comptes à l’étranger de trois salariés, conduisant à l’éviction de trois cadres au début du mois de janvier. 

Or les enquêtes du parquet de Paris et de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) ont prouvé qu’aucun compte n’existait. «Pour l’instant, l’ensemble des éléments transmis par Dominique Gevrey sont faux ou inexacts», a confirmé Jean-Claude Marin, précisant que les autorités de Suisse et du Lichtenstein avaient désormais officiellement indiqué que les comptes mentionnés n’existent pas.

Guinée Conakry

De quoi jeter un peu plus le doute sur les méthodes de Dominique Gevrey, qui n’a jamais voulu dévoilé l’identité de «sa source» qu’il serait le seul à avoir jamais rencontré au cours de l’enquête.  L’homme a de plus été interpellé vendredi à Roissy alors qu’il assurait se rendre en Guinée Conakry «pour un voyage d’agrément», a indiqué le procureur. «Nous avons avancé les investigations et l’interpellation» a-t-il reconnu, car l’homme comptait s’envoler alors que ses jours de congés lui avaient été refusés par l’entreprise. Ce qui laissait planer des doutes sur son retour.

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Pour l’instant, Dominique Gevrey «reste dans la posture d’un homme habitué au secret qui ne révèle pas ses sources», mais «assure qu’il fera de nouvelles révélations au cours de l’instruction»  a indiqué Jean-Claude Marin. Le procureur n’écarte donc ni la thèse d’une tentative d’espionnage, qui ne serait «pas passé par les canaux indiqué par Dominique Gevrey», ni celle d’une tentative de déstabilisation de l’entreprise visant ses principaux cadres.