Séisme et tsunami au Japon: Une industrie en danger

ECONOMIE La menace nucléaire pourrait gripper l'activité de l'archipel...

Gilles Wallon

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Un homme fouille les ruines à la recherche de souvenirs de sa femme disparue dans le séisme, le 13 mars 2011 à Rikuzentakada, dans le nord du Japon.
Un homme fouille les ruines à la recherche de souvenirs de sa femme disparue dans le séisme, le 13 mars 2011 à Rikuzentakada, dans le nord du Japon. — Shizuo Kambayashi/AP/SIPA

Le séisme et le tsunami de vendredi pourraient coûter des dizaines de milliards de dollars à l'économie japonaise, troisième puissance au monde derrière les Etats-Unis et la Chine. La facture précise du drame ne sera sans doute connue que d'ici une à deux semaines. Mais la remontée de l'activité semble possible à moyen terme, grâce aux efforts de reconstruction et à la reprise de la consommation qui devraient suivre la catastrophe.

Les grands ports fermés

La zone nord-est du pays, la plus frappée par le séisme, compte pour une petite part de l'économie japonaise. Elle est productrice de riz, et elle dépend de la pêche. Mais les coûts de la reconstruction des infrastructures, des logements ou du système de transport s'y annoncent très élevés.

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Au-delà de cette région, la menace nucléaire pourrait bloquer l'activité du pays. Plusieurs groupes emblématiques, comme Honda ou Canon, ont déjà interrompu la production de certaines usines. Les grands ports commerciaux, situés au sud de Tokyo, ont aussi été fermés, par précaution.

Une longue interruption de la production pourrait pourtant s'avérer catastrophique. L'économie du pays est très axée sur l'export, et sur trois types de produits en particulier : les voitures, les machines industrielles et les produits manufacturés. Le drame de vendredi survient à un moment critique: le Japon connaît des difficultés à sortir de la récession, et porte le poids de la plus lourde dette publique du monde : huit mille milliards d'euros, 200 % du PIB.

Moins qu'à Kobé

Le tremblement de terre de Kobé, en 1995, avait coûté 100 milliards de dollars à l'économie japonaise. L'impact du séisme et du tsunami pourrait être moins élevé, car le Nord-Est estune zone moins industrialisée.