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TÉMOIGNAGESLes Français et la hausse du prix du pétrole: Ces professions qui sont menacées

Les Français et la hausse du prix du pétrole: Ces professions qui sont menacées

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a hausse des prix à la pompe met à mal leurs activités...
Fumée de pot d'échappement, février 2007.
Fumée de pot d'échappement, février 2007.  - LE LANN/SIPA
Thibaut Schepman

Thibaut Schepman

Pétrole, gaz et même électricité. Les prix de l’énergie flambent, et grèvent les budgets de chacun. Des Français frappés par cette hausse témoignent sur 20minutes.fr, pour comprendre comment elle les touche et comment ils s’organisent. Second volet, avec les professions menacées par les hausses de prix du carburant.

>> Retrouvez ici le premier volet de la série, avec les témoignages de salariés qui covoiturent pour travailler.

Catherine, infirmière libérale à Paris, «Celles qui travaillent à la campagne se déplacent à perte»

Installée depuis un an, Catherine se rend chaque jour chez plus de vingt patients. Pour ces visites, elle fait le plein «au moins trois fois par mois». Elle peut répercuter ce coût sur le prix de ses visites, avec une indemnité de déplacement de 2,30 euros par soin. «C’est à peu près suffisant pour payer les pleins. J’ai de la chance parce que je travaille en ville, alors que les infirmières qui travaillent à la campagne se déplacent à perte», assure-t-elle.

Depuis quelques semaines, elle a vu son budget essence grimper. Alors que ses indemnités de déplacement, elles, restent fixées à 2,30 euros par visite. Catherine n’a pas encore chiffré l’augmentation de ses dépenses, mais elle fait déjà «plus attention». «J’essaye de plus en plus de regrouper les visites pour pouvoir prendre la voiture le moins possible… même si c’est assez compliqué parce qu’il faut bien sûr s’adapter au rythme des patients». Autre arbitrage: le stationnement. «Je dois souvent choisir entre rouler pendant plusieurs minutes pour me garer et donc perdre du temps et de l’essence, ou au contraire me garer là où ce n’est pas permis et payer une amende de temps en temps…». Ces derniers jours, Catherine se gare plus souvent sur des espaces non autorisés. Pour l’instant, elle n’a pas reçu de contravention.

Eve, gérante d’auto-école à Montauban, «On ne parle plus que de ça»

«Quand on se croise aux examens de code de la route, on ne parle plus que de ça entre moniteurs. La semaine dernière, certains disaient qu’ils allaient faire rouler leurs voitures au fuel!» Le prix de l’essence est devenu le sujet de discussion principal d’Eve et des gérants d’auto-école de Montauban. Installée depuis 17 ans dans la région, elle a vu le prix du carburant devenir son principal poste de dépenses. En moyenne, elle consacre chaque mois 2.500 euros au carburant de ses cinq voitures et six motos.

Eve, qui gagne 1.500 euros, calcule que sa marge n’est plus que de 5 euros sur chaque heure de conduite, facturée 32 euros aux apprentis. Alors depuis quelques semaines, elle a imposé des économies sur le carburant. Les salariés ne sont plus autorisés à rentrer chez eux avec le véhicule et le carburant de l’auto-école. Et les augmentations de salaires prévues ont été annulées. «On commence vraiment à être juste financièrement alors on fait attention à tout», s’inquiète-t-elle.

Stéphane, armateur et pêcheur à Boulogne sur Mer «Je vis au mois le mois»

Stéphane est l’armateur du Don Lumineux, un bateau de 12 mètres de long qui pêche au filet dans les eaux de Boulogne-sur-Mer. Tous les matins, à 4 heures, il quitte le port avec trois hommes d’équipage pour rentrer en début d’après-midi. Le navire consomme environ 5.000 litres de gazole par mois. Détaxé, ce carburant lui coûte 65 centimes par litre, soit deux fois plus qu’il y a deux ans.

«En ce moment, je vis au mois le mois», explique-t-il. «Je dois encore finir de rembourser le prêt pour le bateau, et avec les prix actuels du carburant, il suffit que la pêche ne soit pas bonne pendant un mois pour que l’on rencontre des difficultés». Il parvient à dégager un revenu de 2.000 euros brut, tandis que les membres de son équipage touchent 1.500 euros environ. Et il reste optimiste: «C’est plus difficile en ce moment, surtout pour les gros chalutiers qui consomment 30 à 40.000 litres de gazole par mois. Mais on a déjà eu des difficultés par le passé, on a survécu, et les prix du gazole ont baissé à nouveau. C’est la même chose pour la marée, parfois elle est très bonne et parfois on a très peu de poissons à décharger sur le quai...»

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