USA: la Fed "a fait ce qu'elle devait faire", ça suffit

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La banque centrale des Etats-Unis (Fed) "a fait ce qu'elle devait faire" pour ramener l'économie américaine sur la voie de la croissance et serait malavisée d'en faire davantage, a estimé lundi un de ses dirigeants, Richard Fisher.

"La Fed a fait ce qu'elle devait faire. Il faut désormais stimuler les entreprises pour qu'elles consacrent les liquidités (revenues en abondance grâce à la banque centrale, NDLR) à la création d'emplois pour les Américains", a déclaré M. Fisher lors d'un discours à Washington.

"C'est une tâche qui incombe aux autorités chargées du budget, et non à la Réserve fédérale", a-t-il ajouté, selon le texte de son allocution transmis à la presse.

Président de l'antenne de la banque centrale à Dallas (Sud des Etats-Unis), M. Fisher vote cette année lors des réunions du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC).

"Je voterai contre tout programme qui chercherait à prolonger ou accroître le soutien monétaire considérable que nous avons déjà fourni", a ajouté M. Fisher, pour qui il est hors de question que la Fed continue de racheter des obligations du Trésor américain au-delà du 30 juin.

La Fed s'est lancée en novembre dans un nouveau programme de création monétaire au terme duquel elle devrait avoir racheté, fin juin, pour 600 milliards de dollars de titres de dette publique américaine.

M. Fisher a toujours indiqué avoir été très réticent à cette décision. Il craint en effet qu'en créant de la monnaie en masse (ce qu'elle fait en rachetant des titres sur les marchés), la Fed ne sème les graines d'une inflation à terme très difficile à contrôler.

S'il est toujours "sceptique" en ce qui concerne l'"efficacité" de ces rachats, M. Fisher a cependant laissé entendre qu'il ne comptait pas remettre en cause ce programme lors de la prochaine réunion du FOMC, prévue pour le 15 mars.

Un autre banquier central, Dennis Lockhart, a indiqué pour sa part qu'il ne souhaitait pas prolonger les rachats de titres de la Fed au-delà de la date prévue, mais qu'il ne se montrerait pas rigide si les circonstances l'exigeaient.

Sur la base des données économiques actuelles, "je n'ai vraiment pas envie de prolonger les rachats de titres au-delà de juin", a-t-il déclaré à Arlington, dans la banlieue de Washington.

M. Lockhart, qui avait jugé jeudi bien réel le risque "d'un choc pétrolier durable" a néanmoins indiqué que, compte tenu de ce risque, il se montrerait "flexible" en matière de politique monétaire.

Président de la Fed d'Atlanta (Sud-Est), M. Lockhart était partisan dès le départ des rachats de titres décidés en novembre et estime que ceux-ci "ont permis de placer l'économie américaine dans une position favorable à une expansion ininterrompue".

Selon une enquête auprès d'économistes publiée lundi par l'Association nationale pour l'économie d'entreprise (NABE), 62,4% des sondés estiment que le programme de rachats de titres de la Fed en cours "a eu un effet positif" sur l'économie.

Pour 52,5% des 263 économistes membres de la NABE interrogés pour cette enquête, le programme devrait aller jusqu'à son terme prévu. Seuls 6,5% des sondés estiment qu'il faudrait le prolonger au-delà.