Les prix du pétrole atteignent un nouveau sommet à New-York

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Les prix du pétrole continuaient de grimper fortement ce lundi en cours d'échanges européens, se hissant à New York à un nouveau sommet depuis deux ans et demi, sur un marché toujours rivé sur la Libye, où de violents affrontements touchent les installations pétrolières du pays.

Vers 12h30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à Londres à 117,88 dollars, en hausse de 1,91 dollar par rapport à la clôture de vendredi. Il se rapprochait du sommet enregistré le 24 février à près de 120 dollars, qui était son plus haut niveau depuis deux ans et demi.

A New York le baril de «light sweet crude» (WTI) gagnait 2,22 dollars à 106,64 dollars, après avoir atteint une heure plus tôt 106,82 dollars, un prix inédit depuis fin septembre 2008.

Raids aériens contre un port pétrolier

La situation en Libye, important exportateur de brut vers l'Europe, continuait d'exacerber la fièvre des cours du baril.

«Si les affrontements se transforment en guerre civile sanglante, ils risquent de rendre la production libyenne de brut indisponible pour une période prolongée et d'endommager durablement les installations pétrolières» du pays, estimait Bjarne Schieldrop, analyste de la banque SEB.

Les forces armées du colonel Kadhafi, qui tentent de reprendre la main face aux insurgés, ont mené lundi de nouveaux raids aériens contre le port pétrolier stratégique de Ras Lanouf, dans l'Est libyen, selon un journaliste de l'AFP présent sur place.

Yémen, Bahreïn et Arabie saoudite observés

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait évalué jeudi les pertes de la production libyenne de 850.000 à 1 million de barils par jour, ce qui représente plus de la moitié de la production de la Libye avant le conflit et environ 1% de la consommation mondiale.

«Même si le régime de Mouammar Kadhafi s'effondre rapidement, les incertitudes persisteront sur ce qui se passera ensuite», alors que l'extension des troubles à travers le Moyen-Orient «pourrait encore faire flamber les prix», poursuivait Bjarne Schieldrop.

Les opérateurs continuaient ainsi de surveiller la péninsule arabique, où le Yémen et le Bahreïn sont secoués depuis plusieurs semaines par un important mouvement de contestation, alors qu'en Arabie saoudite, quelques centaines de personnes ont manifesté vendredi dans l'est du pays à majorité chiite.

Autre signe de la nervosité du marché face aux tensions dans le monde arabe, le prix de l'or - valeur refuge par excellence -, a atteint lundi vers 12h15 GMT un nouveau niveau historique, à 1.443,50 dollars l'once.