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TÉMOIGNAGESLes Français et la hausse des prix de l'énergie: Ceux qui covoiturent pour travailler

Les Français et la hausse des prix de l'énergie: Ceux qui covoiturent pour travailler

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'est une solution à la flambée des prix...
De plus en plus de salariés utilisent le covoiturage pour se rendre au travail et réduire leurs dépenses d'énergie.
De plus en plus de salariés utilisent le covoiturage pour se rendre au travail et réduire leurs dépenses d'énergie. - POUZET/SIPA
Thibaut Schepman

Thibaut Schepman

Pétrole, gaz et même électricité. Les prix de l’énergie flambent, et grèvent les budgets de chacun. 20minutes.fr vous livre les témoignages de Français frappés par cette hausse, pour comprendre comment elle les touche et comment ils s’organisent. Premier volet, avec les témoignages de salariés qui covoiturent pour travailler.

Le covoiturage est un véritable baromètre du coût des carburants. A chaque fois que les prix à la pompe grimpent, les inscriptions aux sites qui proposent ce service s’accélèrent. «Nous avons reçu 1.100 nouvelles inscriptions par jour en moyenne lors de la première semaine de février, 1.200 la seconde, 1.400 la troisième et même 1.500 la dernière semaine du mois», assure-t-on chez Covoiturage.fr, principal site français. De plus en plus souvent, les covoitureurs sont des salariés qui voyagent ensemble pour réduire la part de leurs salaires consacrée aux déplacements professionnels.

Bruno, technicien supérieur : «Je demande un euro par trajet»
Tous les jours, Bruno se rend en voiture de Vélizy-Villacoublay, où il habite, à Saint-Cloud, où il travaille. Plus d’une heure de trajet et trente kilomètres quotidiens, qui lui coûtent «au moins une centaine d’euros d’essence par mois». Depuis novembre dernier, il s’est mis au covoiturage, «parce que le prix de l’essence a trop augmenté, tout comme le prix de la vie en général».

A ses covoitureurs, il demande un euros par trajet, et récolte ainsi 20 euros par mois, «les bons mois». «Ce n’est pas grand-chose, mais c’est déjà ça. Ça met du beurre dans les épinards», avance Bruno. A 30 ans, il espère «fonctionner comme ça définitivement». Reste à trouver des covoitureurs, ce qui n’est pas toujours aisé. «Pour réussir à trouver des gens qui habitent et travaillent près des mêmes endroits que vous, il faut un peu de chance». Ce technicien supérieur en a parlé à mes collègues mais beaucoup préfèrent garder la liberté de conduire, «quitte à en payer le prix», regrette-t-il.

Hélène, consultante indépendante : «Je covoiture depuis que les temps sont durs»
Depuis sept ans, Hélène parcourt la France à raison de «deux à trois longs trajets par mois», en tant que consultante en ressources humaines pour les entreprises. Elle remplit son réservoir plus d’une fois par semaine, pour un budget essence mensuel de 400 euros par mois. «Il y a quelques années, les entreprises défrayaient le déplacement. Maintenant c’est de plus en plus rare», regrette-t-elle.

Elle raconte avoir subi de front la baisse du nombre de missions, la réduction des défraiements, et enfin la hausse des prix de l’essence. Depuis six mois, «depuis que les temps sont durs», elle s’est donc mise au covoiturage. «C’est assez simple pour moi car je connais mes trajets au moins un mois à l’avance. Je trouve donc souvent des covoitureurs pour m’accompagner». Elle leur fait payer le péage et la moitié du plein. Les deux passagers qui l’ont accompagnée entre Dinar et Mérignac la semaine dernière ont donc réglé 40 euros chacun. Hélène économise ainsi une bonne centaine d’euros par mois. «C’est un vrai plus pour la rentabilité de mon activité. Et cela rend mes trajets plus agréables, je fais des rencontres sympathiques», se félicite-t-elle.

Isabelle, salariée d’une entreprise de cosmétique: «Une solution économique qui crée des liens entre collègue»
Pour se rendre au siège d’Yves Rocher, dans le lieu-dit de La Gacilly, il faut prendre la voiture. Aucun transport en commun ne dessert l’entreprise. Un inconvénient de taille pour les 900 salariés qui habitent souvent loin de leur lieu de travail, et voient donc une partie de leur salaire partir en fumée par leur pot d’échappement. Depuis 2008, lors de la première flambée des prix de l’essence, l’entreprise a mis en place un plan de déplacement qui facilite le covoiturage entre ses salariés, en partenariat avec l’association Covoiturageplus.

Isabelle, fait partie des dix salariés d'Yves Rocher qui covoiturent depuis Bruz, à 50 kilomètres de La Gacilly. Elle paye six euros par jour pour son aller-retour. «Nous avons calculé cette somme afin que les passagers payent le prix de l’essence, ce qui laisse les frais d’entretiens et d’assurance aux conducteurs», explique-t-elle. «C’est une solution économique pour tout le monde». Au moins un quart des salariés covoiturent désormais, assure Isabelle, qui se réjouit: «cela crée des liens, et permet de rencontrer des collègues qui travaillent dans les autres services et font parfois des métiers complètement différents».

>> Et vous? Comment vivez-vous la hausse des prix de l’énergie? Quelles sont vos solutions? Dites-le nous dans vos commentaires ci-dessous…

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