Le n°2 de Renault reçu lundi à Matignon pour parler de l'affaire d'espionnage

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Le directeur général de Renault Patrick Pelata s'est rendu lundi après-midi "à Matignon pour discuter du dossier en cours" dans l'affaire d'espionnage qui touche le constructeur automobile français, a indiqué mardi une porte-parole du groupe à l'AFP.

"Il a souhaité, en accord avec Carlos Ghosn (le patron de Renault ndlr), se rendre à Matignon pour discuter du dossier en cours", a déclaré cette porte-parole de Renault au salon automobile de Genève.

M. Pelata n'a pas vu le Premier ministre François Fillon mais un de ses conseillers, a précisé une autre porte-parole du groupe, contactée à Paris.

Le numéro deux de Renault a également vu lundi le ministre de l'Industrie Eric Besson, alors que l'Etat français est le plus gros actionnaire de Renault avec 15% du capital.

M. Besson s'était déjà entretenu début janvier avec M. Pelata, lorsque l'affaire avait éclaté, car il avait peu apprécié d'avoir été informé tardivement d'une affaire qui couvait depuis des mois.

Concernant les rendez-vous de lundi, "l'idée était de les rencontrer pour faire un point sur l'affaire qui nous concerne", a indiqué la porte-parole de Renault depuis Paris. "Il n'y a rien de nouveau, il n'y a pas eu de préannonce" faite sur l'évolution du dossier, a-t-elle souligné, insistant sur le fait que ces rencontres ont eu lieu à l'initiative de Renault.

L'affaire d'espionnage industriel chez Renault a éclaté début 2011 avec la mise à pied puis le licenciement de trois cadres haut placés, à la suite d'une enquête interne consécutive à l'envoi de courriers anonymes.

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris en janvier après la plainte contre X déposée par Renault, notamment pour vol en bande organisée, et confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Les cadres licenciés sont soupçonnés d'avoir touché des pots-de-vin via des comptes bancaires en Suisse ou au Liechtenstein. Une source judiciaire a indiqué mardi à l'AFP que le parquet s'attend à obtenir d'ici 8 à 10 jours des réponses sur l'existence éventuelle de ces comptes.