Lufthansa veut poursuivre son offensive en Afrique face à Air France

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La direction de la compagnie allemande Lufthansa se montre déterminée à poursuivre son offensive en Afrique en établissant "un réseau extensif" sur ce continent prometteur.

Dans un entretien à l'AFP, Claus Becker, directeur France et Benelux de Lufthansa prévient: "Lufthansa suit une stratégie multi-facettes en Afrique pour y promouvoir son offre. S'il manque une desserte, cela détermine le choix de la clientèle affaires", explique-t-il.

"Il est important d'avoir un réseau extensif en Afrique", selon lui.

Jugeant la croissance de l'Afrique "considérable", ce dirigeant, âgé de 49 ans, estime que Lufthansa y a atteint une part de marché "respectable".

Le simple fait qu'Air France ait riposté en accroissant son offre confirme, selon lui, que son implantation est un succès.

"C'est un honneur qu'Air France ait réagi si fortement", sourit-il tout en s'amusant du choix du nom - "léopard" - du plan stratégique d'Air France, dont l'implantation en Afrique est ancienne pour des raisons historiques. "Léopard est le nom d'un animal prestigieux mais cela fait plus penser à un chasseur de niches", dit-il.

Sans dévoiler de chiffres estimés trop stratégiques, il ajoute que Lufthansa est en mesure d'accroître encore sa présence en Afrique en privilégiant les accords avec les compagnies locales, voire en en prenant le contrôle.

La compagnie aérienne, qui s'est attaquée à des lignes autrefois exclusivement exploitées par Air France, mise en outre sur la qualité de services.

"Des destinations comme Libreville ou Pointe Noire étaient avant uniquement le fait d'Air France. Nous avons initié une offre pour la clientèle pétrolière et proposé une alternative à la compagnie française", explique Claus Becker, qui a déjà passé une trentaine d'années chez Lufthansa.

"Mais c'est par la qualité de son produit que Lufthansa veut faire jouer la concurrence. Notre priorité est plus la qualité que le prix", insiste-t-il, face à une concurrence de plus en plus féroce.

"Les compagnies du Golfe, Turkish Airlines cherchent elles aussi des opportunités là bas", note le patron.

Il estime en outre qu'Emirates, Qatar ou Etihad "sont un défi" pour toutes les compagnies traditionnelles européennes.

Face à elles, "on est dans la même situation que celle d'Air France", ajoute-t-il. Elles exercent "un peu une concurrence inégale. Elles sont très puissantes. Elles n'ont pas de marché d'origine et viennent chercher le nôtre", estime-t-il.

En dépit du feu vert récent des autorités françaises d'accorder à certains transporteurs du Golfe davantage de droits de trafic, Claus Becker, expatrié à Paris depuis deux ans et demi, se montre néanmoins optimiste.

"Il y a des perspectives de croissance pour augmenter notre offre", estime Claus Becker.

Et à Paris, Lufthansa Italia rencontre un certain succès. En moins de deux ans, elle a su séduire une clientèle. A raison de 25 vols hebdomadaires entre Paris et Milan: 153.817 passagers ont été transportés l'an passé.

Quant aux troubles géopolitiques, la compagnie aérienne a certes dû suspendre ses vols directs entre Francfort et Tripoli mais le trafic reprend progressivement avec l'Egypte et la Tunisie.

"Il est encore trop tôt pour faire le bilan et évaluer l'impact financier" mais le niveau d'alerte a été abaissé en Egypte.

Enfin, pour se donner les moyens de rester compétitive, Lufthansa a engagé un important plan d'investissements: au total, 155 nouveaux avions auront été livrés entre 2010 et 2016 dont 34 cette année.