Les constructeurs automobiles tout sourire au salon de Genève

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Oubliées, les années noires de la crise. Après être repassés dans le vert en 2010 pour la plupart d'entre eux, les constructeurs automobiles présents à Genève affichent leur ambition de confirmer ces bons résultats cette année, voire de faire encore mieux.

"2011 devrait aussi être une année solide, une bonne année pour l'industrie automobile et pour Volkswagen", a déclaré plein d'assurance lundi soir à Genève Martin Winterkorn, patron du premier constructeur européen, à la veille de l'ouverture à la presse du salon automobile.

Après un très bon cru 2010 avec 7,14 millions de véhicules écoulés, VW peut s'appuyer sur une hausse de ses ventes de 16% sur les deux premiers mois de l'année.

La tendance est la même pour la plupart des grands constructeurs mondiaux, dont beaucoup avaient durement souffert en 2008 et surtout en 2009 et essuyé des pertes, mais qui sont revenus dans le vert l'an dernier.

Effacée donc la morosité affichée lors de la dernière édition du salon de Genève, lorsque les constructeurs craignaient l'impact de la fin des systèmes de prime à la casse mis en place dans différents pays.

Le numéro deux européen, PSA Peugeot Citroën, a ainsi confirmé ses prévisions pour 2011, mais sans exclure que l'évolution du marché pourrait être plus favorable.

Le français s'attend à un marché européen stable et un marché français en recul d'environ 10%. "On les confirme en disant qu'on est plutôt un peu mieux", a déclaré son président du directoire Philippe Varin.

Le groupe enregistre en effet des commandes au même niveau que l'an dernier malgré la fin de la prime à la casse en France au 31 décembre 2010, ce qui selon M. Varin montre le succès des nouveaux modèles du groupe et de la montée en gamme de ses marques.

"On reste sur un marché qui reste sous pression des prix après la prime à la casse", a-t-il toutefois reconnu.

Même sentiment chez le japonais Toyota. Le numéro un mondial s'attend à un marché stable ou en très légère croissance en Europe (Russie incluse), mais espère y augmenter ses ventes de 10%.

L'évolution est toutefois différente selon les pays du Vieux continent, avec des marchés comme la France et l'Espagne qui devraient continuer à souffrir, tandis que les ventes en Allemagne se portent bien et que les carnets de commande des constructeurs sont pleins, selon la fédération du secteur, la VDA.

Surtout, la croissance du secteur automobile va continuer à être tirée par les pays émergents, notamment la Chine, la Russie et l'Amérique latine.

L'activité en "Chine, comme avant, se présente bien", a estimé le patron de l'allemand BMW Norbert Reithofer, même s'il a mis en doute le fait que le marché chinois, devenu le premier mondial, continue à croître au rythme effréné qu'il a connu jusqu'à présent.

Le pays reste pourtant convoité par les constructeurs. PSA a profité du salon pour réaffirmer sa volonté de créer une marque propre en Chine dans le cadre de sa coentreprise avec Changan, qui pourrait éventuellement servir de base pour l'exportation de véhicules vers d'autres pays.

Et l'allemand Daimler a obtenu des autorités chinoises la licence commerciale pour lancer en 2013 une voiture électrique avec son partenaire local BYD. "Nous voulons construire un voiture électrique pour le marché chinois sous une nouvelle marque", a expliqué Thomas Weber, directeur de la recherche et développement chez Daimler, à l'AFP.