Colère des taxis contre une compagnie low-cost dans le sud de la France

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Plusieurs centaines de taxis «en colère», en provenance du sud de la France, se sont rassemblés mardi à Avignon pour dénoncer la concurrence jugée «déloyale» d'un transporteur à bas coûts, Easy Take, dont l'activité s'étend dans le Sud-Est.

900 chauffeurs

Près de 900 chauffeurs ont convergé à la mi-journée vers la cité des Papes, selon des chiffres concordants de la préfecture et des organisateurs.

Au coeur du conflit, l'activité d'Easy Take, lancée en janvier 2010 à Avignon. Combinée à une mauvaise conjoncture économique, elle a réduit de 30% l'activité des taxis locaux, estime Jean Capezza, président du Syndicat des artisans-taxis du Vaucluse.

Selon lui, des taxis de Marseille, du Nord des Bouches-du-Rhône, de Fréjus, Nice, Cannes, Toulon, Perpignan, Béziers, Carcassonne, Montpellier, Nîmes et de la Lozère avaient fait le déplacement mardi à Avignon, où une vingtaine de véhicules d'Easy Take ont fait leur apparition il y a 13 mois. D'autres devraient bientôt circuler à Nîmes, Cavaillon (Vaucluse) et Montpellier.

«En colère»

Les conducteurs, qui avaient placardé sur leurs vitres des affichettes sur lesquelles on pouvait lire notamment «Artisans-taxis indépendants en colère», «Promesses non tenues, la lutte continue» ou encore «Non à la concurrence déloyale», ont mené une opération escargot en direction de la préfecture, où une délégation devait être reçue à 15h30.

Easy Take se présente comme un service de transport aux personnes proposant des prix forfaitaires «défiant toute concurrence et sans surprise».

L'entreprise a vu le jour dans le cadre de la loi de développement et de modernisation des services touristiques qui, en 2009, a simplifié le régime des voitures de tourisme avec chauffeur (ex-grande remise).

Concurrence déloyale

Mais d'après les syndicats de taxis, Easy Take ne respecte pas la loi et exerce une «concurrence déloyale» en pratiquant notamment la maraude, alors que ses voitures doivent travailler sur commande depuis le siège de l'entreprise. Une accusation démentie par la société.

Fin novembre, le tribunal de grande instance d'Avignon, saisi par les taxis, a condamné Easy Take pour avoir exercé sans immatriculation jusqu'à fin mars 2010. Mais sur le principe, la concurrence a été jugée loyale. La cour d'appel de Nîmes réexamine l'affaire le 15 mars.