Le secteur automobile bénéficie de la queue de comète de la prime à la casse

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Les immatriculations de voitures neuves ont bondi de 13,7% en France en février, profitant toujours des effets de la prime à la casse mais aussi de nouvelles commandes inattendues en début d'année.

Au total, 204.486 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France le mois dernier, selon le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Les immatriculations ont continué à bénéficier de la prime à la casse, mais aussi, de manière inattendue, de nouvelles commandes en janvier, a indiqué à l'AFP François Roudier, directeur de la communication du CCFA.

"La tonalité a été moins pessimiste que ce que l'on pouvait imaginer. On a quand même eu des commandes" en janvier, a-t-il déclaré alors que le secteur s'attendait à un tarissement en raison de la fin de la prime à la casse.

Fixée au départ à 1.000 euros puis réduite progressivement à 500 euros en juillet dernier, cette prime a pris définitivement fin le 31 décembre, ce qui a créé un appel d'air en faveur de commandes de véhicules neufs en fin d'année.

Les constructeurs ont en effet jusqu'à la fin mars pour effectuer les livraisons aux clients, d'où cet effet "queue de comète" sur les immatriculations de voitures neuves, qui sont nécessairement décalées par rapport à l'achat.

Mais cet effet pourrait être de courte durée, l'Insee ayant fait état vendredi d'un recul de 6,3% en janvier des ventes d'automobiles, en raison justement de la fin de la prime à la casse.

Sans surprise, ce sont les petites et moyennes voitures qui se sont le plus vendues depuis le début de l'année. Les modèles phares ont été les Peugeot 207 et 206+ et la Renault Clio, selon des données du CCFA.

Pour Philippe Varin, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, ce bon début d'année est de bon augure, alors que constructeurs et analystes tablent sur un recul du marché cette année.

"Notre carnet de commandes est au même niveau que l'année dernière", s'est réjoui M. Varin lors d'une table ronde à Genève à l'occasion du salon automobile. Les immatriculations de PSA ont progressé de 11,1% en février.

Renault a également salué la forte progression (+13,6%) de ses immatriculations en février, tirée par les bons chiffres de la marque au losange (+17,5%).

"Au vu des résultats des deux premiers mois de l’année, et malgré les difficultés rencontrées en termes d’approvisionnement à l’heure actuelle, le Groupe Renault suit la dynamique que nous nous étions fixée pour 2011", s'est réjoui Bernard Cambier, directeur commercial France du groupe.

Seul bémol pour Renault, le recul de 8,9% des immatriculations pour Dacia, sa marque "low-cost" grâce à laquelle il a vu ses ventes progresser l'an dernier. Le groupe a minimisé cette baisse, attribuable selon lui aux "contraintes d'approvisionnement" de son modèle Sandero.

Côté marques étrangères, c'est Nissan, le partenaire de Renault au sein de l'alliance unissant les deux constructeurs, qui connaît la plus forte progression (+51,4%).

Le constructeur japonais est suivi par les marques allemandes Volkswagen (+39,1%) et Opel (+32,9%), tandis que Mercedes voit ses immatriculations de voitures neuves s'effondrer, avec un recul de 35,3%.

Ces bons chiffres permettent à PSA de se montrer plus optimiste sur ses ventes cette année, alors qu'il tablait jusque-là sur une baisse de 10% en France par rapport à 2010, qui avait été un très bon cru pour le secteur automobile français avec 2,25 millions de voitures neuves immatriculées.

"On les confirme en disant qu'on est plutôt un peu mieux", a ainsi assuré M. Varin, qui n'exclut pas que le recul en France soit finalement limité à 8%.