Augmentation du prix des carburants: «Que voulez-vous que je fasse? Je ne vais pas stocker l'essence dans mon garage!»

CONSOMMATION Dans les stations-service, les clients sont résignés face aux hausses de prix...

Thibaut Schepman

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Vu d'une pompe à essence à Paris le 8 février 2011
Vu d'une pompe à essence à Paris le 8 février 2011 — G. Varela / 20 Minutes

Le gazole a franchi la barre symbolique d’1,30 euro le litre cette semaine, pour la première fois depuis la flambée de 2008. Dans les stations-service parisiennes, mercredi matin, l’augmentation des prix du carburant préféré des Français faisait grincer des dents les automobilistes.

«Je ne pensais même pas que l’essence pouvait se vendre aussi cher», témoigne Pierre, qui ne met pas plus de quinze euros d’essence dans le réservoir de sa Yaris. Les prix très élevés de cette station service du VIIIème arrondissement de Paris l’ont découragé. Il n’est pas le seul: à 1,64 euros le litre de diesel, et 1,80 euros celui de sans plomb 98, la station est désertée, comme le confirment les commerçants voisins.

20% de plus que l’été dernier

A la Porte de Clignancourt, on paye le litre de carburant 20 centimes moins cher que dans le VIIIème arrondissement. Les clients se plaignent des hausses de prix, mais pas au point de changer leurs habitudes. «Je fais deux pleins par semaine parce que j’habite assez loin de Paris. Là je n’ai acheté que 37 litres et j’ai dû payer 52 euros. C’est au moins 20% de plus que l’été dernier», se désole Jean-Louis. «Si la hausse continue, c’est sûr, j’essaierai de repérer sur internet les stations les moins chères», se promet-il. Même résolution pour Guillaume, motard trentenaire, qui dépense au moins 100 euros pour son carburant chaque mois. Mais il ne renoncerait à sa moto pour rien au monde, «c’est une passion». Tous deux assurent d’ailleurs être trop éloignés des transports en commun pour changer de mode de déplacement.

Les professionnels, nombreux dans les stations en pleine journée, ont eux sorti leur calculette et suivent de près les augmentations. Maher est conducteur de taxi et loue son véhicule professionnel. «Avant je devais mettre entre 10 et 15 euros par jour dans le réservoir selon mon nombre de courses. Maintenant, je mets au moins 15 euros à chaque fois, voire jusque 20 euros», a-t-il calculé. Même constat pour Tarik, au volant d’un des quinze véhicules de service de son entreprise. «Deux fois par mois je fais le point sur les factures et, au total, les augmentations représentent plusieurs centaines d’euros», s’inquiète-t-il. «Quand je vois l’essence augmenter chaque jour, je me dis qu’il faudrait que je réagisse. Mais que voulez-vous que je fasse? Je ne vais pas stocker l’essence dans mon garage…»