France Télécom: l'avenir et les conditions de départ de Didier Lombard au menu du CA

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France Télécom, qui devait acter mercredi soir le départ de Didier Lombard de son poste de président non exécutif, devait aussi discuter de son avenir au sein du groupe et de l'attribution d'une éventuelle retraite chapeau de 300.000 euros par an, selon des sources internes.

Le mandat de Didier Lombard expire en juin 2011, mais celui-ci avait annoncé il y a deux semaines qu'il abandonnerait ses fonctions avec quatre mois d'avance, à l'occasion du conseil d'administration qui se réunit mercredi.

La réunion, programmée en fin de journée, devait valider les résultats annuels 2010 qui seront publiés jeudi matin, et entériner la nomination au poste de PDG de Stéphane Richard, actuel directeur général et patron de fait de l'opérateur.

Mais elle doit également se pencher sur l'avenir de Didier Lombard, ont indiqué des sources internes interrogées par l'AFP.

Selon ces sources, Didier Lombard, qui aura 69 ans dimanche 27 février, pourrait rester au sein de France Télécom et toucher ainsi une rémunération en tant que salarié, ce qui retarderait le versement de ses indemnités retraite correspondant à ses fonctions de président du conseil d'administration.

Selon un calcul effectué par les mêmes sources sur la base de ses revenus, cette retraite dite "chapeau" s'élèverait à environ 300.000 euros par an, et viendrait s'ajouter à sa retraite "de base" de haut fonctionnaire.

Ces calculs se basent sur les documents (publics) de référence du groupe, qui indiquent que la retraite du président directeur général lui est "versée à la condition qu'il soit toujours présent dans l'entreprise au moment de la liquidation de ses autres régimes de retraite".

Son montant "résulte de l'application d'un taux établi au moment de la liquidation et plafonné à 20,8% de la meilleure moyenne annuelle des rémunérations brutes des 36 mois d'activité", précisent les mêmes textes.

Interrogé par l'AFP, France Télécom a indiqué qu'il communiquerait sur le conseil d'administration à l'issue de la publication de ses résultats financiers jeudi matin.

En annonçant le 11 février au quotidien La Tribune qu'il quittait ses fonctions avant le terme de son mandat, Didier Lombard avait indiqué qu'il ne recevrait pas "d'indemnités de départ en cette circonstance".

Il avait affirmé vouloir se consacrer à la création d'une structure d'aide aux entrepreneurs de l'économie numérique, et précisé vouloir monter ce projet "avec France Télécom comme l'un des principaux acteurs", sans spécifier clairement s'il comptait le faire au sein ou à l'extérieur du groupe.

Nommé PDG de France Télécom en 2005, Didier Lombard avait cédé les rênes opérationnelles du groupe le 1er mars 2010 à l'actuel directeur général, Stéphane Richard, après avoir été fragilisé par une vague d'une trentaine de suicides de salariés entre janvier 2008 et fin 2009.

Il avait été critiqué à l'époque pour sa politique de modernisation à marche forcée du groupe, notamment traduite par la suppression de 16.000 emplois entre 2006 et 2008.

Au plus fort de la controverse sur les suicides dans l'entreprise, Didier Lombard s'était attiré les foudres des syndicats en parlant à propos de ces suicides d'un phénomène de "mode".