BPCE multiplie son bénéfice par sept

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Le siège de la banque BPCE à Paris en novembre 2010.
Le siège de la banque BPCE à Paris en novembre 2010. — MEIGNEUX/SIPA

Après BNP Paribas et Société Générale, c’est au tour de BPCE d’annoncer mercredi de très bons résultats. Le groupe a dégagé en 2010 un bénéfice net de 3,6 milliards d'euros, multiplié par sept par rapport à 2009.

>> Pourquoi les banques renouent avec les profits, lire l’analyse de 20minutes.fr

Baisse du coût du risque

Le coût du risque s’est inscrit en forte baisse à 1,65 milliard d’euros, contre 4,14 milliards d’euros sur la même période de 2009.

«Le niveau modéré du profil de risque, du fait du poids relatif de la banque de détail en France, constitue un des points forts du groupe BPCE», explique le groupe dans un communiqué.

Au 4e trimestre, le résultat net s’est établi à 858 millions d’euros, «les métiers coeurs du groupe fournissant une base solide de revenus récurrents», souligne-t-il. Le coût du risque, à 439 millions d’euros, est en fort repli (-22%) par rapport au 4e trimestre 2009.

«Le coût du risque est un des plus faibles, si ce n'est le plus faible des grands groupes bancaires français», a indiqué mercredi le président du directoire François Pérol lors d'une conférence téléphonique.

Marges de manoeuvre

Les comptes des trois derniers mois de 2010 intègrent des éléments non récurrents, qui se traduisent par une charge nette exceptionnelle de 264 millions d’euros, notamment 225 millions d’euros de dépréciation durable comptabilisés sur les titres Banca Carige en référence à la valeur boursière du titre au 31 décembre 2010.

Selon François Pérol, ce niveau de résultats représente «une flexibilité financière et une marge de manœuvre» assurant «l’adaptabilité du groupe face aux nouvelles exigences prudentielles Bâle III».

En outre, ces résultats permettent au groupe BPCE d'achever de rembourser les apports de l'Etat, dont le solde atteint 2,2 milliards d'euros, avant la fin du premier trimestre, a souligné François Pérol.

Le groupe s'était initialement fixé pour objectif de rembourser d'ici fin 2012 l'intégralité des 7,1 milliards qui lui avaient été apportés par l'Etat.

Groupe BPCE

Au plus fort de la crise financière, les groupes Caisse d'Epargne et Banque Populaire, dont le rapprochement a donné vie à BPCE, avaient chacun reçu respectivement 2,2 milliards et 1,9 milliard d'euros sous forme de titres de dette dits super subordonnées (TSS), sorte d'obligations sans échéance.

A la création du groupe BPCE, début août 2009, l'Etat avait apporté 3 milliards d'euros supplémentaires en acquérant des actions de préférence (sans droit de vote). BPCE avait commencé à rembourser l'Etat en octobre 2009.

Le remboursement du solde des apports de l'Etat est rendu possible grâce à la progression importante du bénéfice net en 2010, qui a été multiplié par 7 à 3,6 milliards d'euros.

Le groupe a choisi de mettre en réserve plus de 80% de ce résultat, ce qui a augmenté sa capacité de remboursement.

BPCE était de loin le groupe ayant bénéficié le plus des apports de l'Etat, avec 7,1 milliards sur un total de 19,8. Les réalisations de 2010 permettent au groupe BPCE d’afficher des résultats en avance sur les objectifs de son plan stratégique. Le produit net bancaire (PNB) du groupe s’élève à plus de 23 milliards d’euros en 2010 avec un objectif de 25 milliards d’euros en 2013.

2010 est «la première année qui permet de montrer la force des fondamentaux du groupe», a souligné François Pérol.