du bio pour ne plus criser

audrey Chauvet

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L'élévage bio représente 2 % du cheptel bovin en France.
L'élévage bio représente 2 % du cheptel bovin en France. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Par conviction ou en réaction aux difficultés économiques, près de 3 000 éleveurs en France ont choisi d'apposer le label bio sur leur viande, leur lait ou leurs œufs. Philippe Cabarat, éleveur de bovins converti au bio en 1984, observait déjà à l'époque que l'agriculture « allait dans une impasse ». « C'était toujours s'agrandir sans que les revenus augmentent. De là est venue l'idée qu'on pouvait faire autrement, et le bio a émergé... » Une solution pour se différencier et valoriser sa production, c'est également ce qui a amené Christophe Hervy, éleveur de vaches laitières, à passer au bio en 2010. « Avec la crise laitière, je me suis dit que mon lait devait avoir une spécificité. Je peux le vendre 25 à 50 % plus cher en bio », explique cet éleveur charentais.

« Elever pas exploiter »
Pour obtenir le label, les animaux doivent être nourris au maximum avec les pâturages. Les éleveurs font ainsi des économies sur les achats de céréales aux prix fluctuants. Des règles simples, comme l'accès au plein air et la sélection de races rustiques locales, permettent d'éviter les traitements médicaux : Philippe Cabarat a pu affranchir ses robustes charolaises de toute vaccination. « On retrouve le b.a.-ba : élever, pas exploiter », témoigne cet éleveur de Bourgogne. Souvent, les pratiques de ceux qui se convertissent sont déjà proches du cahier des charges bio. « Depuis dix ans, je diminue les intrants chimiques. La seule différence, c'est que je suis contrôlé », explique Christophe Hervy. L'élevage bio reste toutefois minoritaire en France, avec moins de 2 % du cheptel bovin. La baisse des aides fiscales à la conversion ne devrait pas faciliter l'augmentation de la production : « Le nombre de conversions a été important en 2009-2010 dans l'élevage, mais en 2011, ça se calme… », observe Philippe Cabarat.