Electricité: La réforme du marché devrait bien faire grimper les prix

ÉNERGIE es hausses de tarif devraient atteindre 5% par an jusqu'en 2015...

Thibaut Schepman

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Les tarifs de l'électricité ont augmenté à la mi août.
Les tarifs de l'électricité ont augmenté à la mi août. — F. DURAND / SIPA

Chargé de déterminer le juste prix auquel EDF doit vendre son électricité, le rapport Champsaur devrait finalement tabler sur un montant d’environ 39 euros par mégawattheure révèle le JDD. Si ce montant est bien celui retenu, les prix au compteur devraient augmenter de 5% par an jusqu’en 2015, et ce à compter du 1er juillet 2011. 20minutes.fr vous explique pourquoi.

Qu’est ce que la loi Nome?

La loi Nome,  pour «nouvelle organisation du marché de l'électricité», vise à faire respecter en France les règles de la concurrence, édictées par la Commission européenne, en matière de distribution d’électricité. EDF, opérateur historique, ne pourra plus distribuer comme aujourd’hui la quasi-totalité de l’électricité qu’il produit aux particuliers. Il devra revendre 25% de sa production aux nouveaux distributeurs, comme Poweo ou Direct Energie. Reste à déterminer ce fameux prix de vente, qui n’est pas fixé dans la loi mais doit être choisi par le gouvernement à la mi-avril.

Où en-est-on?

Chacun a pris position. L’électricien réclame un prix compris entre 42 et 45 euros le MWh. En dessous, ce serait du «pillage», affirme son PDG, Henri Proglio. Lors de la présentation des résultats annuels du groupe, le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, a lui expliqué qu'un euro en moins par rapport à ces 42 euros pénaliserait le résultat d'exploitation du groupe à hauteur de 40 millions d’euros, et l’empêcherait de réaliser les investissements nécessaires à la rénovation et à l'entretien de son parc nucléaire.

En face, la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui supervise le secteur, souhaite un tarif compétitif: entre 34 et 37 euros. Les industriels souhaitent même un prix de 30 euros, et font valoir qu’avec un prix de 42 euros, leur «facture d'électricité gonflera de 4 milliards d'euros d'ici à 2015 et près de 30.000 emplois industriels seront menacés», comme le souligne le groupe des Fédérations industrielles (GFI).

Un rapport sur le thème a été commandé à Paul Champsaur, haut fonctionnaire et ex-président de l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep), pour statuer sur la question. Selon les informations du JDD, le prix que proposera ce rapport à sa remise fin mars serait finalement de 39 euros. Une proposition qui pèsera beaucoup sur la future décision du gouvernement, puisque son auteur, Paul Champsaur, était également responsable de la commission à l’origine du texte de la loi Nome.

Quelles conséquences sur les prix au compteur?

Dans tous les cas, le prix payé par les consommateurs -aujourd’hui inférieur d’environ un tiers à la moyenne européenne- convergera vers celui le prix de revente par EDF à ses concurrents. De 35 euros en moyenne en 2010, il subirait une augmentation de 35% d’ici à 2015 pour rattraper un prix de gros de 42 euros. Pour un prix de gros de 39 euros, le prix au compteur progresserait de 30% par an. «La question n'est pas de savoir si les prix vont augmenter, mais quand et comment», résumait dans Le Figaro Denis Merville, le médiateur national de l'énergie.