La Bourse de Paris recule, les tensions dans le monde arabe inquiètent

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La Bourse de Paris a terminé en nette baisse lundi (-1,44%), les investisseurs s'inquiétant de la recrudescence des tensions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient qui menacent de perturber les exportations de pétrole.

Le CAC 40 a cédé 59,73 points à 4.097,41 points dans un volume d'échanges peu étoffé de 3,113 milliards d'euros.

Sur les autres places boursières européennes, Londres a terminé en recul de 1,12%, Francfort de 1,41% et l'Eurostoxx 50 a fini en baisse de 1,81%. Mais c'est la place financière de Milan qui a le plus souffert, cédant 3,59%, en raison des liens économiques très étroits qui unissent la Libye et l'Italie.

A Paris, "beaucoup d'acteurs étaient absents aujourd'hui (lundi, NDLR) et les volumes d'échanges ont été faibles à cause de la fermeture de Wall Street" pour le President's Day, a noté Frank Wattecant, vendeur d'actions chez Global Equities.

"Les investisseurs s'inquiètent de la situation politique qui dégénère dans plusieurs pays arabes et fait flamber les cours du pétrole" qui a dépassé les 105 dollars à Londres, un sommet depuis 2008, a-t-il ajouté.

Les tensions ne faiblissent pas notamment en Libye, premier gros exportateur d'or noir touché par une contestation violente dans le monde arabe. Les opérateurs scrutent désormais les moindres signes de contagion au reste de la région, de l'Algérie à Bahreïn en passant par l'Iran, tous des acteurs importants dans le secteur des hydrocarbures.

Dans le sillage de ces violences, l'agence de notation Fitch a abaissé la note souveraine de la Libye d'un cran (de BBB+ à BBB), et Standard and Poor's (SP) a également abaissé d'un cran celle de Bahreïn (de A à A-).

Face à ces évènements, les statistiques macroéconomiques, meilleures qu'attendu, sont passées quasi-inaperçues.

En zone euro, la croissance de l'activité privée s'est accélérée en février, atteignant son plus haut niveau depuis près de cinq ans, tandis qu'en Allemagne le climat des affaires a déjoué les pronostics, le baromètre Ifo atteignant un nouveau record absolu.

Du côté des valeurs, sur les 40 sociétés composant l'indice phare de la place parisienne, 38 ont terminé la séance dans le rouge.

Le secteur financier a lourdement pesé sur la cote, victime des tensions dans le monde arabe. Axa a cédé 3,58% à 14,96 euros, Société Générale 3,06% à 50,34 euros, Crédit Agricole 1,97% à 11,97 euros et BNP Paribas 1,87% à 57,15 euros.

Le secteur pétrolier et parapétrolier a aussi souffert de ces évènements géopolitiques. Total a perdu 1,27% à 43,05 euros. Le groupe a annoncé, après la clôture, rapatrier "la majeure partie" de ses employés français en Libye ainsi que leurs familles.

Alcatel-Lucent a enregistré la plus forte baisse du CAC 40 (-3,72% à 3,52 euros), victime de prises de bénéfices après ses bonnes performances. Le titre a pris plus de 62% depuis le début de l'année.

EADS a cédé du terrain (-2,22% à 21,17 euros) alors que le ministre allemand de l'Economie, Rainer Brüderle, s'est dit réticent à une participation de l'Allemagne au capital du groupe aéronautique pour compenser un désengagement du constructeur Daimler.

Technicolor a tiré son épingle du jeu (+3,34% à 5,20 euros), bénéficiant du relèvement de recommandation par Exane BNP Paribas à "surperformer" contre "sous-performer" auparavant. Le courtier vise désormais un objectif de cours de 6,30 euros, a précisé une source de marché.

  1. Euronext (CAC 40)