Nestlé n'a pas peur de la concurrence sur les capsules

ECONOMIE Mais il pourrait augmenter ses prix cette année...

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Dosettes de thé Nestlé lors de la présentation du produit le 20 mai 2010 à Paris.
Dosettes de thé Nestlé lors de la présentation du produit le 20 mai 2010 à Paris. — AFP PHOTO ERIC PIERMONT

Le géant suisse de l'alimentaire Nestlé a réaffirmé jeudi sa confiance dans sa position de leader sur le marché des capsules en proie à une concurrence montante.

«La concurrence ne nous fait pas peur», a déclaré le directeur général Paul Bulcke, en présentant les résultats annuels.

2,3 milliards d’euros

Et pour cause. En 2010, les ventes de Nespresso ont atteint plus de 3 milliards de francs suisses (2,3 milliards d'euros), une croissance organique de plus de 20%.

«A peine quatre années après son lancement, Dolce Gusto (un des systèmes à capsules du groupe, ndlr) a réalisé aujourd'hui (en 2010, ndlr) un demi-milliard de chiffre d'affaires», a annoncé Paul Bulcke.

Et la progression reste «massive» en Europe avec quelque deux millions de nouvelles machines de type Dolce Gusto vendues l'an dernier, a-t-il spécifié. Or qui dit machines achetées par les consommateurs, dit capsules à vendre.

Perte du monopole

Mais sur ce point, la partie n'est pas pour autant gagnée pour Nestlé qui n'est désormais plus la seule société à vouloir profiter du juteux marché des capsules à café ou thé.

L'inventeur des machines-dosettes, qui ont largement contribué à en faire le leader du marché de la machine à café en France, est en effet attaqué par plusieurs grandes marques.

Le géant américain Sara Lee et le français Casino se sont jetés dans la bataille avec l'objectif d'inonder le marché de dosettes compatibles avec les machines Nespresso, affirmant avoir trouvé le moyen de contourner les multiples brevets déposés par Nestlé. Mais le groupe, qui a notamment attaqué Sara Lee en justice, refuse de commenter ces actions.

Brevets

Une chose est sûre, «quasiment contre tout ceux qui se sont lancés, il y a une action» en justice, a expliqué le directeur de Nespresso, Richard Girardot, interrogé par l'AFP.

«Nous le faisons sur la base des brevets (de Nestlé, ndlr) ou sur la base de la communication qu'ils ont faite» pour vendre leurs produits, a-t-il spécifié.

Mais pour rester leader du marché, le groupe mise surtout sur un nombre croissant de boutiques dans le monde. Il y en avait 215 fin 2010, la dernière ayant été ouverte en octobre à Santiago au Chili, et il devrait y en avoir près de 250 à la fin de l'année, a précisé Richard Girardot.

Le prochain magasin ouvrira ses portes au centre de Paris au printemps. Pour Nestlé, la France, tout comme la Suisse et l'Autriche, font partie des pays dits "matures", où les ménages ont adopté la capsule au détriment du café à filtre.

Cette stratégie d'ouverture des boutiques se fait dans toutes les régions, les cibles n'étant pas les pays mais les villes, a expliqué Richard Girardot.

Hausse des prix

Le groupe mise aussi sur le développement des services pour fidéliser les clients, comme à Paris où il propose un service de livraison à domicile des capsules tous les jours jusqu'à tard le soir.

Mais tout n'est pas si rose. Paul Bulcke a ainsi évoqué d'éventuelles hausses de prix pour Nespresso cette année en raison de la hausse des prix des matières premières, soumis à une forte volatilité. «Le prix des matières premières est un gros défi», a ainsi souligné le directeur de Nestlé.

Le numéro un mondial de l'alimentation reste pourtant confiant pour cette année, après avoir multiplié par plus de trois son bénéfice net en 2010 à 32,4 milliards de francs suisses, un chiffre conforme aux attentes mais gonflé par la vente d'Alcon à Novartis.

Sur la base des activités poursuivies, le bénéfice net a légèrement reculé à 8,8 milliards contre 9,2 milliards en 2009.